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Toutes nos archives datant d'avant 1940 n'ont pas disparu !

Ruines des Archives départementales du Loiret, Editions Vogue (AMO, 2Fi2047)

Au tournant du 19e et du 20e siècle, les archivistes départementaux prennent en charge le classement des fonds communaux d'Orléans antérieurs à 1815. La Ville d'Orléans fait alors le choix de déposer ces archives aux Archives départementales du Loiret, situées dans l'ancien couvent des Minimes de la rue d'Illiers. Seuls les registres paroissiaux sont conservés par la Ville. Ils servent tout d'abord en Mairie pour des questions d'Etat civil puis ultérieurement, ils sont stockés à la Bibliothèque municipale où ils resteront jusque dans les années 1970. 

Alors que l'éclatement d'une seconde guerre mondiale menace, l'archiviste du département du Loiret décide de transporter des caisses d'archives anciennes dans les châteaux de Combreux et de l'Emérillon. En plus de certains fonds précieux du département, il fait également mettre à l'abri une partie des archives anciennes de la Ville d'Orléans. Mais faute de temps et de crédits, il ne peut faire emmener tous les documents présents rue d'Illiers.

Le 18 juin 1940, le secteur de la rue d'Illiers est bombardé. L'ancien couvent des Minimes brûle entièrement. Les fonds d'archives qui y étaient restés disparaissent. Le travail des équipes consiste alors à faire un état des lieux de ce qui a subsisté à l'abri dans les châteaux et dans les bureaux de l'administration du département ainsi que d'envisager l'avenir à savoir la relance de l'archivage administratif et le réaménagement d'un dépôt. Il faudra attendre janvier 1959 pour que soit inauguré le nouveau bâtiment des Archives départementales de la rue d'Illiers où subsistent des murs du couvent des Minimes.

Le traumatisme des pertes est conséquent. L'absence des documents perdus durant la Seconde guerre mondiale pèse toujours lourdement aujourd'hui pour les historiens et les chercheurs amateurs ou non qui veulent en savoir plus sur le département et la ville d'Orléans, notamment sous l'Ancien Régime.

Néanmoins, par un raccourci malheureux, nous autres archivistes entendons encore trop fréquemment que "toutes les archives avant 1940 ont été détruites". Or, pour les fonds communaux d'Orléans ce n'est pas le cas ! En 1940, les dossiers datant de 1815 à 1940 étaient conservés en Mairie. 

Il faudra attendre 1971 pour qu'une archiviste soit recrutée par la Ville. Elle aura la lourde tâche d'organiser les fonds municipaux de la période 1815-1970 puis progressivement de prendre en charge les dossiers courants produits par les services de l'hôtel de ville. Elle aura par ailleurs parfois la surprise de retrouver ici ou là quelques pièces antérieures à la Révolution. C'est le cas notamment de plusieurs titres de propriétés conservés dans les dossiers de voirie et de bâtiments. Ainsi, le document le plus ancien conservé dans nos dépôts date de 1384 !

Aujourd'hui, les travaux de classement des fonds se poursuivent. L'objectif est de publier progressivement tous les inventaires en ligne afin que les internautes aient une meilleure connaissance de nos fonds, tant du peu de pièces d'Ancien Régime sauvées en 1940, que des fonds allant du 19e siècle à nos jours. En attendant, il est toujours possible de nous contacter ou de venir consulter nos inventaires sur place pour savoir ce que nous conservons ou pas.  

 

 

Archives dans les greniers de l'hôtel Groslot en 1973, cliché AD45 (AMO, 3Fi2606) Bureau de l'archiviste municipal dans le Campo Santo en 1973, cliché AD45 (AMO, 3Fi2592). Archives définitives inventoriées et conservées à l'hôtel Groslot en 1973, cliché AD45 (AMO, 3Fi2595)

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