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Histoires d'Orléans

L’abattoir municipal, rue du Faubourg-Madeleine

Hall d’abattage : photographie [ca. 1913]. Cote 3Fi2383. Archives municipales d'Orléans.

La mairie de proximité et la poste, rue du Faubourg-Madeleine se font face dans deux bâtiments similaires de style 1900. Au milieu, un passage arboré mène vers la résidence Madeleine-Rives de Loire. Mais, il y a encore vingt ans, ces pavillons marquaient l’entrée de l’abattoir municipal.

Un précédent, boulevard des Princes

Entre 1819 et 1821, la ville d’Orléans participe au mouvement français de construction des abattoirs publics en implantant un de ces édifices sur le boulevard des Princes (actuel boulevard Jean-Jaurès). L’objectif est triple : garantir l’abattage hygiénique des viandes en supprimant les tueries particulières, augmenter la production en utilisant des méthodes modernes et surtout, assurer la salubrité publique en situant l’activité en dehors de la ville. Mais très vite, cet abattoir se révèle trop petit. Gagné par les constructions urbaines du faubourg, il devient un voisin très gênant puisqu’il engendre nombre de déchets et d’odeurs. Dès lors, le projet est d’éloigner à nouveau de la ville l’abattage des animaux.

Construire en dehors de la ville…

Un ensemble de terrains de plus de trois hectares situés entre la rue du Faubourg-Madeleine, la rue des Charrières, la Loire et Saint-Jean-de-la-Ruelle est choisi. Le quartier est aux portes de la ville, desservi par le tramway départemental et essentiellement occupé par des jardins et des maisons rurales. En 1913, le nouvel abattoir ouvre ses portes au n°101. L’entrée est marquée par les pavillons du concierge et de l’administration et par une grille imposante. Surtout, des bâtiments spécifiques sont aménagés comme les bouveries, bergeries et porcheries d’une part et un hall d’abattage, un atelier de charcuterie, une usine frigorifique et un abattoir hippophagique d’autre part. Un marché couvert métallique permet la vente sur place des animaux alors que le contrôle vétérinaire s’affirme.

A l’époque, l’utilisation du béton-armé et le travail mécanisé font figures de nouveautés. En outre, un réseau d’assainissement particulier est créé pour l’évacuation du sang. Mais l’égout se jette en Loire au grand dame des pêcheurs !

Le temps de l’obsolescence et la nouvelle poussée urbaine

Le temps passant, l’édifice subit de plus en plus l’évolution des techniques. Son obsolescence se conjugue dès lors avec sa détérioration naturelle pour le mener progressivement à sa destruction. Durant les années 1960, plusieurs tranches de travaux sont réalisées pour le réhabiliter et le mettre aux normes européennes. Mais les coûts sont élevés pour des résultats non satisfaisants. Son débit n’est plus suffisant face à la demande commerciale. En outre, une nouvelle poussée urbaine à augmenter la densité des habitations du faubourg. L’espace occupé par l’abattoir serait le bien venu pour édifier de nouveaux logements et implanter des équipements publics dans ce site où les terrains manquent. Finalement, en 1982, l’abattoir municipal ferme. Parallèlement, de nouveaux abattoirs voient le jour sur la commune limitrophes de Fleury-les-Aubrais.

De 1984 à 1986, les bâtiments de l'abattoir du faubourg Madeleine sont démolis. C’est l’occasion de fouilles archéologiques qui rappellent qu’avant la Révolution, à cet emplacement, se situait une partie du prieuré de la Madeleine-lez-Orléans. Au début des années 1990, la résidence Madeleine-Rives de Loire est érigée en hauteur du fleuve. Des équipements publics de quartier sont installés. La mairie de proximité et la poste redonnent alors vie aux deux pavillons style 1900 témoins de l’activité passé du quartier. 

Sources : Archives municipales. Octobre 2005.
Façade du nouvel abattoir d’Orléans : photographie [ca 1913]. Cote 3Fi2366. Archives municipales d'Orléans.

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