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Histoires d'Orléans

1834 : la naissance des balayeurs publics

Vue du Pont Nicolas II : carte postale [av.1919]. Editeur : Louis Lenormand. Cote 2Fi795. Archives municipales d'Orléans.

De nos jours, croiser dans la rue un balayeur employé par la ville d'Orléans n'a rien d'étonnant. Pourtant, le balayage, service rendu aux habitants, n'a pas toujours été un service public. C'est seulement en 1834 que les premiers agents municipaux chargés du balayage des rues sont apparus. 

Savoir balayer devant sa porte...

Avant 1834, il revient à chacun de balayer devant sa porte. Les règlements de police et les arrêtés du Maire précisent que tout propriétaire ou occupant d'un lieu est tenu de balayer ou de faire balayer, chaque jour de l'année et sans exception, devant chez lui, aussi bien dans la ville que dans les faubourgs. Ce travail doit avoir lieu systématiquement à 8 heures du matin en hiver et à 7 heures en été. Il s'agit donc de responsabiliser au maximum les habitants face à l'usage de la voie publique.

Et en effet, les documents de l'époque laissent entendre que les rues d'Orléans devaient être réellement sales. Ainsi, les arrêtés du Maire rappellent à plusieurs reprises qu'il est interdit de laisser des tessons de bouteilles le long des murs des habitations, de laisser des gravats sur les trottoirs, de jeter des immondices par les fenêtres ou encore « de satisfaire ses nécessités dans les rues ».

Chaque habitant doit balayer devant sa demeure ou employer un entrepreneur de nettoyage. La procédure à suivre est alors assez simple, puisqu'il suffit de rassembler les détritus le long d'un mur pour qu'un entrepreneur de nettoyage désigné par la ville se charge de l'enlèvement. Les « gravois », quant à eux, doivent être transportés par les habitants au dépôt « près de Saint-Charles », ancêtre de nos déchetteries modernes. Et pourtant, il semble que les règlements ne soient pas vraiment suivis par les habitants ni-même par les entreprises de nettoyage poursuivies judiciairement par des usagers insatisfaits.

Vers une solution mixte

C'est dans ce contexte et à l'exemple d'autres villes de France que la municipalité de l'époque décide d'avoir recours à l'embauche de balayeurs publics. Un fonds commun est alors institué pour financer le projet. Ainsi, les habitants volontaires sont invités à s'abonner au service de nettoyage. En échange d'un centime et demi par mois et par mètre carré de surface à balayer, un balayeur public viendra nettoyer devant leur maison et ses dépendances. Bien entendu, il semble que les premiers abonnés aient été avant tout des habitants socialement aisés puisque l'on relève dans la liste des inscrits des notaires, un ingénieur des Ponts et chaussées, un juge ou encore un avocat. Dès lors, un système mixte et assez cocasse subsiste : habitants, entrepreneurs de balayage et balayeurs publics se partagent les espaces à nettoyer.

Il est difficile de savoir combien de temps ce système à perdurer. Quoiqu'il en soit, le recours aux balayeurs publics est désormais généralisé puisque chaque habitant est "abonné" au système grâce aux impôts versés à la collectivité. Et si, il y a 170 ans, le balayeur public était un nouveau personnage dans le paysage urbain, de nos jours, c'est l'image de l'habitant balayant devant sa porte qui est devenu assez rare…

Source : Archives municipales d’Orléans. Décembre 2004.

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