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De l'urinoir à la sanisette : un siècle de WC publics

Projet de construction d’un pavillon pour poste de police et urinoirs : plan (1902). Auteur : le directeur des travaux municipaux. Cote 4413. Archives municipales d'Orléans.

Par souci d’hygiène, les WC publics arrivent en France au 19e siècle. Les premiers urinoirs et chalets de nécessité sont implantés dans le centre d’Orléans dès les années 1880. Un siècle après, ils sont détrônés par la sanisette mais l’implantation est restée presque la même.

Une marque de progrès…

Le chalet de nécessité ou de commodité se définit comme un kiosque d’utilité publique. L’objectif étant de permettre à la population de se soulager ailleurs qu’en pleine rue, il participe aussi à l’animation urbaine. Ses becs de gaz servent à l’éclairage urbain. Couverts de publicités, portant parfois une horloge, il est fait pour être vu de toutes parts. Une « tenancière », chargée d’entretien et de surveillance, y vend journaux et bibelots. Certains présentent même un intérieur confortable avec siège en chêne, cuvette en porcelaine et décor de marbre. Le chalet répond alors aux exigences d’une société qui cherche le progrès, notamment dans l’hygiène.

… très vite décriée

Pourtant, les chalets et surtout les urinoirs – réservés aux hommes et ouverts de toutes parts – amènent des protestations. Accusés d’atteinte aux mœurs en facilitant l’exhibitionnisme, ils cacheraient les vitrines et gêneraient la circulation. Surtout, au lieu de résoudre les problèmes d’hygiène, ils en créent… Non reliés aux égouts alors inexistants, les « eaux » sont déversées dans le caniveau. C’est encore le cas en 1948 lors de la suppression de l’urinoir, rue Louis-Roguet où les enfants jouent dans les immondices ! Toujours nécessaires, ils ne doivent plus être aussi voyants et dès les années 30, on parle d’enterrer les WC. Après guerre, certains le seront comme place Albert-Ier et boulevard de Verdun. Et, finalement, la céramique succédera au marbre et les tubes néons aux becs de gaz.

1980 : le WC à péage

Mais tout le parc n’est pas remplacé. Dans les années 1970, les soucis d’hygiène et de mœurs persistent, même dans les WC enterrés. En 1980, Decaux lance la sanisette à entretien automatique. Le remplacement des urinoirs par des « WC à péage » a alors lieu jusqu’en 1986. Les WC refont surface ! Les tenancières ne sont plus utiles : la sanisette se lave toute seule et est fermée à quiconque n’introduit pas une pièce ! Finalement, la sanisette est visible à celui qui en a besoin sans être criante dans le paysage. A la même époque, « vespachien » et « canisette » font leur apparition : après avoir éduqué l’humain, c’est désormais au tour de l’animal !

Chalets de nécessité : correspondance de Frank-Defoug au maire d’Orléans (1899). Cote 4413. Archives municipales d'Orléans.

Dernière mise à jour le 26.06.2017

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