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Histoires d'Orléans

Le bureau de placement

Employés du bureau de placement : photographie [1916]. Cote 3Fi1929. Archives municipales d'Orléans.

De nos jours, l’Agence Nationale pour l’Emploi est chargée sous la responsabilité de l’Etat de recenser les emplois disponibles et de les faire connaître. L’ANPE existe depuis 1967. Pourtant, l’Etat assure la mission de recensement des offres et des demandes depuis les années 1940. Avant cette date, les villes rendaient ce service non pas par une " AMPE " (Agence municipale pour l’emploi) mais par ce que l’on appelait alors un bureau municipal de placement.

La naissance du burau municipal

Dès 1892, la ville d’Orléans créé un bureau de placement. Un employé municipal tient deux registres : l’un pour les offres ; l’autre pour les demandes. Malheureusement, il n’y a pas de rapprochements entre les propositions et les recherches ni de communication autour de ce service qui reste méconnu de tous. Aussi, à la faveur d’une loi de 1904 qui impose aux communes de plus de 10000 habitants la création de bureaux de placement, et dans un contexte de manque de main-d’œuvre dû à la Première Guerre Mondiale, la ville décide en 1916 de la réorganisation du bureau d’Orléans afin de le rendre plus performant.

Faire venir la main-d'oeuvre

Il ne s’agit plus seulement de recenser les offres et les demandes via la tenue de registres. Les préposés au bureau de placement sont chargés d’effectuer des affichages, d’établir des rapprochements entre les demandes et les offres et surtout de mettre en relation les parties intéressées. La tenue à jour des fichiers - non informatisés à l’époque - est un enjeu de premier ordre. En outre, l’utilisation " de l’outillage moderne " est encouragée au niveau national notamment par le recours au téléphone et aux publicités affichées dans les gares d’Orléans, des Aubrais, de Paris-Austerlitz et dans les journaux locaux. Il faut faire venir la main-d’œuvre de très loin voire la diriger vers une autre ville qu’Orléans. En outre, le bureau municipal est couplé à l’office départemental. En effet, l'action ne se limite pas aux besoins du territoire communal mais englobe un champ plus vaste en s’intéressant à l’espace départemental voire interdépartemental par les échanges d'annonces entre bureaux municipaux.

Par ailleurs, sur le modèle de l’Allemagne, une commission paritaire est mise en place lors de la réorganisation de 1916. Cette commission, présidée par le Maire et composée de six membres du patronat et six membres de syndicats ouvriers, gère et contrôle l’activité du bureau de placement. L’implication des patrons et des ouvriers doit permettre la promotion des activités du bureau auprès des employeurs et des employés. En outre, il s’agit de garantir la gratuité du service et d’assurer l’utilisation de la main-d’œuvre dans les meilleures conditions possibles.

Travailler au service de la population

Dès lors et jusqu’à la suppression du bureau, le personnel assure la collecte et la redistribution des offres et des demandes. Au départ, deux agents municipaux sont en charge de la tenue des fiches. En 1917, ils sont rejoints par une "dame dactylographe" spécialisée dans le placement des femmes. Ensuite, le nombre d'agents fluctue avec les chiffres du chômage et monte jusqu'à sept personnes à l'approche des années 1930. Ces agents reçoivent distinctement les employeurs et les chômeurs dans les bureaux aménagés dans la salle des fêtes du Campo Santo. A l'approche des années 1940, la gestion du fonds de chômage, la délivrance de la carte de travail aux étrangers ou encore  les déclarations d'accidents du travail s'ajoutent aux missions précédentes. Finalement, en 1941, sur demande de l'Etat les bureaux municipaux de placement sont supprimés. Les villes sont alors relayées par l'Etat.

Sources : Archives municipales, cote 7F288. Février 2005.
Employé du bureau de placement et homme au guichet : photographie [1916]. Cote 3Fi1930. Archives municipales d'Orléans.

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