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Histoires d'Orléans

La place du Châtelet, entre changements et continuité...

La place du Châtelet : carte postale [ca.1900]. Editeur : Edition H.C. Cote 2Fi251. Archives municipales d'Orléans.

La ville a récemment offert une cure de jouvence au nord-est de la place du Châtelet. En posant des pavés et en déplaçant l'accès au parking, un petit goût d'ancien a été donné à ce secteur du centre historique d'Orléans. Et pourtant, si nous retournions une centaine d'années en arrière, c'est une place assez différente qui s'offrirait à nos yeux.

Un aménagement récent...

C'est dans le dernier quart du XIXème siècle que la place du Châtelet est créée. Après la démolition de maisons historiques et la suppression ou la modification de rues anciennes, la place du Châtelet devient un vaste carré au centre de laquelle sont implantées quatre halles en fer qui serviront aux marchés de gros et de détail. La forme générale et actuelle de cette place est alors donnée et ne bougera quasiment pas jusqu'à nos jours. Au nord, à l'ouest et au sud, la place ressemble plutôt à des rues qui longent les marchés. A l'est, elle conserve grossièrement, avec ses deux placettes, la physionomie de la place du Grand Marché et du Marché à la Volaille.

A l'époque, en débouchant précisément au nord-est de la place, par la rue de la Cholerie, un square arboré et implanté au milieu d'une voirie pavée s'offre à nos yeux. Sur la droite, l'une des quatre halles en fer tient lieu et place de la façade en verre du magasin Bouchara. Les attelages de chevaux stationnent là pour ravitailler les commerçants voisins et surtout les vendeurs des halles.

Une vocation commerciale...

En effet, la nouvelle place du Châtelet est dédiée au marché et son pourtour accueille de nombreux commerces. A l'époque, et hormis les halles, une quarantaine de boutiques est recensée contre une trentaine actuellement. Ainsi, onze cabarets ou « salle à boire » « ayant billard » offre un lieu de sociabilité aux orléanais de passage sur la place. L'actuel  restaurant Le Pique Feu est un cabaret ainsi que l'actuel restaurant Le triangle d'Or ou encore le bar Le Centr'hall.

Les métiers liés à l'alimentation sont aussi très présents avec onze boutiques. Vendeurs de fruits secs en gros, charcutiers, bouchers et épiciers ont depuis cédé leur place au restaurant La parenthèse, au Havana café ou encore à l'Agence d'Urbanisme de l'Agglomération Orléanaise.

A l'époque, on trouve aussi des boutiques dont les métiers ont disparu depuis, ou presque. Dans les années 1910, on pouvait se rendre place du Châtelet chez le fripier, les vendeurs de lingerie, à la bonneterie, chez le cordonnier ou les modistes. Et que dire du marchand de plumes et duvet, au n°12, remplacé par le Coq Hardi à l'angle sud-est !

Dans ce jeu des chaises musicales des commerces, certains magasins ont pourtant gardé leur enseigne. Il y a 100 ans, au n°22, on pouvait déjà se faire couper les cheveux et la pharmacie existait aussi au n°38. Surtout, les Orléanais de la Belle Epoque connaissait déjà un bazar à l'emplacement du Bazar Saint-Joseph, qui n'ouvrira ses portes qu'en 1947.

Entre la Belle Epoque et 2004, la place du Châtelet s'est métamorphosée progressivement. Les halles en fer ont laissé leur place au Centre commercial des Halles Châtelet à la fin des années 1970 et la rue des Halles a été percée. Bien que toujours un peu pareille, la place du Châtelet change. Et c'est pourquoi, face à la place modifiée et rendue aux piétons, il devient déjà difficile de se souvenir à quoi ressemblait la place quand elle était encombrée des voitures qui se rendaient au parking.

Sources : Archives municipales. Octobre 2004.
La place du Châtelet : carte postale (s.d.). Editeur : Louis Lenormand. Cote 2Fi691. Archives municipales d'Orléans.

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