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Histoires d'Orléans

Le marché aux puces

Marché aux puces, quai Cypierre : carte postale [av.1910]. Editeur : Galeries orléanaises édit.. Cote 2Fi613. Archives municipales d'Orléans.

Chaque samedi, avant l’aube, un étrange déballage à lieu sur le boulevard Alexandre-Martin. Des marchands, venant parfois de départements voisins, préparent le marché à la brocante, souvent appelé « les puces ». Vieux-papiers, meubles, bric-à-brac et bibelots issus d’une autre époque, souvent étalés à même le sol, s’offrent aux chineurs.

Un marché à vocation sociale...

Du milieu du XIXe siècle à la fin des années 1950, le marché à la friperie, à la ferraille et à la brocante se tient quai Cypierre. A l’origine, sa raison d’être est sociale. Des habitants pauvres ou des intermédiaires vendent à bas prix des effets personnels ou des biens issus de ventes après décès à des personnes à faibles revenus. A quelques reprises, les marchands, confrontés aux intempéries, tentent d’obtenir le déplacement du marché vers le centre ville, comme en 1891, quand ils demandent une place sous la halle de la Porte-Renard[1]. Mais le marché jouit d’une mauvaise réputation à cause la population qui le fréquente et aussi à cause des objets proposés. Non « désinfectés » et provenant d’on ne sait où, ils causeraient des problèmes « du point de vue de l’hygiène ». A la fin de la Seconde Guerre mondiale, certains étalages ont pourtant trouvé refuge sous les halles du Châtelet près des marchands de denrées alimentaires. Mais toujours par souci d’hygiène, ils regagnent « l’emplacement traditionnel » du quai à la demande de la municipalité.

...qui cherche sa place dans la ville

A cette époque, la circulation routière s’intensifie. Les jours de marché, des embouteillages ont lieu entre le pont, les quais et la rue Royale. On envisage un temps de créer des places de stationnement quai Cypierre. En 1961, après avoir projeté de repousser le marché plus à l’ouest sur les quais, la municipalité le transfère dans la zone nouvellement reconstruite rue du Cheval-Rouge. Mais les habitants se plaignent de la gêne causée en termes de stationnement. En 1973,  le marché est déménagé à nouveau. Cette fois-ci, c’est le terrain libre, qui deviendra plus tard la place Louis XI, situé entre les rues Louis-Roguet et Sainte-Catherine, qui est utilisé. Malheureusement, l’espace est insuffisant puisque seulement une vingtaine de marchands peut s’y installer. Plusieurs lieux sont alors pressentis : la dalle de la Charpenterie, le Campo Santo, le boulevard Saint-Euverte et même un retour sur les quais !

Un mail pour les "puces"

En 1977, les puces prennent enfin place sur le mail du boulevard Alexandre-Martin. A cette époque, elles se déroulent toute la journée du samedi. En plus d’un siècle, l’intérêt du marché a changé même si la présentation des marchandises est restée quasi identique. Désormais, simples curieux, amateurs d’objets anciens et collectionneurs à la recherche de la perle rare fouillent les nombreux étalages.

Sources : Archives municipales. Février 2008.

[1] Halle disparue à l’emplacement de l’actuelle Caisse Primaire d'Assurance Maladie, place du Général-de-Gaulle.

Marché aux puces, rue du Cheval-Rouge : photographie [ca.1960]. Auteur : Parisot. Cote 3Fi2392. Archives municipales d'Orléans. Marché aux puces, boulevard Alexandre-Martin : photographie (2008). Auteur : Christelle Bruant. Série Fi. Archives municipales d'Orléans.

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