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Orléans - Le Petit Lycée en 1904 (crédits : AMO, 2Fi 1769)Cour du Collège Anatole Bailly, alors Lycée au milieu du XIXe siècle avec l'église Saint-Samson au deuxième plan (crédits : Salmon 1841 dans Trancheau 1863)Plans du Collège des Jésuites puis Anatole Bailly de 1630 à 1957 (crédits : Pôle d'archéologie, 2015)

Collège Anatole-Bailly

1617-2099

Orléans

Le bâtiment connu actuellement sous le nom du Collège Anatole-Bailly a une histoire longue qui remonte à la période gauloise. C'est à partir du début du XVIIe siècle qu'il devient un lieu d'enseignement, d'abord dirigé par les Jésuites, puis à partir de 1761, par des laïques. Il a gardé sa fonction d'enseignement jusqu'en 2008 date à laquelle le collège est fermé.

Sébastien Jesset, Pôle d'archéologie

Du Collège, depuis l’espace public actuel, sont visibles la porte d’entrée principale du 17e siècle située rue Saint-Pierre-du-Martroi et l’alignement des façades de la deuxième moitié du 19e siècle bordant le nord de la rue Jeanne-d’Arc. Ces dernières, postérieures au percement de cette rue, épousent des styles différents qui trahissent les agrandissements successifs du Lycée depuis 1847.

L’essentiel du collège est ainsi invisible pour les yeux, tourné et ordonnancé autour d’une vaste cour intérieure dont l’origine pourrait bien être médiévale.

Le Collège jésuite

En effet, c’est en 1609 que les Jésuites obtiennent du roi Henri IV, le site du vieux prieuré Saint-Samson afin d’y installer un collège. Le prieuré est alors constitué de trois grands bâtiments : l’église au sud,  peut-être le logis du prieur immédiatement au nord et les communs (réfectoire, cuisine et chambres) à l’est. L’ensemble, agrémenté par plusieurs cours et jardins, est ceinturé de murs et présenté comme vétuste.

Les travaux seront confiés à Etienne Martellange, célèbre architecte de l’ordre, qui procède à la reconstruction d’une grande partie de l’église Saint-Samson, démolit les deux bâtiments conventuels précédemment évoqués pour les remplacer par trois ailes de bâtiments (classes, chambres, réfectoire et cuisine) disposés en périphéries d’une grande cour centrale ainsi libérée. Des plans, datés de 1620 et conservés à la Bibliothèque nationale de France, sont établis par l'architecte, notamment un état des lieux du prieuré Saint-Samson, ainsi que les projets pour le nouveau Collège.

Dès 1630-1635, la cour pourrait être scindée en deux par un grand bâtiment en retour d’équerre depuis l’église. En 1698, la grande allée qui longeait le rempart par l’extérieur est donnée aux jésuites, permettant une extension du jardin vers le nord et achevant de donner une physionomie moderne à cette partie du collège, qui n’évoluera plus guère jusqu’au milieu du 19e siècle.

Du Collège Royal à l’Ecole Centrale

Avec l’arrêté de 1761 interdisant l’enseignement aux Jésuites, le collège devient «  Royal ». Il est alors géré par des laïques. En 1794, il est renommé « Collège National » puis « Ecole Centrale » en 1795. Aucun changement notable sur l’appropriation des lieux, ni aucun travaux d’ampleur ne viennent modifier l’ordonnancement du XVIIe siècle.

Le Lycée

C’est en 1803 qu’il devient Lycée impérial à la demande de la ville. Des travaux sont alors effectués en 1804 et 1805, mais il s’agit plus de réparations et de réaménagements que de véritables changements.

À partir de 1836, la nécessité de refondre et d’agrandir ce site d’un autre âge apparaît comme une évidence et n’offre plus le confort souhaité pour les élèves. S’ensuit de nombreuses réflexions qui aboutiront en 1844 à l’adoption d’un plan global d’acquisition de terrains, complété par une série de démolitions et de constructions sur le site même.

Ainsi, de 1847 à 1851, l’église Saint-Samson est détruite et fait place à un grand bâtiment de deux étages, percé au rez-de-chaussée d’un grand porche monumental, constituant aujourd’hui l’entrée principale.

Entre 1862 et 1874, l’achat de plusieurs parcelles voisines permet quasiment de doubler l’emprise du Lycée en direction de l’est. Il permet la création d’une deuxième vaste cour autour de laquelle sont construits au nord une aile continue de classes et à l’est la nouvelle chapelle en remplacement de l’église Saint-Samson. L'établissement est connu au 20e siècle sous le nom de Lycée Pothier.

Le Collège Anatole Bailly

Au milieu du 20e siècle, le projet de déplacer le Lycée est formulé puis concrétisé après-guerre. En 1964, les dernières classes sont transférées rue Marcel-Proust. Les bâtiments rue Jeanne-d'Arc alors vacants restent inoccupés pendant plusieurs années. Plusieurs projets d'affectation ont été formulés à cette époque : cité administrative, locaux des archives municipales, Ecole de droit...

La dévolution du lieu reste cependant dans le domaine de l'enseignement, puisqu'à partir des années soixante, un projet de création de collège (CES) est mis en oeuvre. C'est en 1972, que l'établissement scolaire sera appelé Anatole-Bailly, du nom de l'helléniste orléanais, auteur du célèbre dictionnaire grec-français en 1895.

Le collège est fermé en 2008.


Pour aller plus loin, consultez l'exposition virtuelle.

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