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Histoires d'Orléans

Organiser et réglementer les spectacles et manifestations publiques

Comme en temps de paix, le Maire dispose de pouvoirs de police qui lui permettent de surveiller et réglementer la tenue des spectacles. L’objectif est surtout d’assurer la tranquillité publique. Pour cela, le Maire peut prendre des arrêtés qui interdisent ou suspendent le déroulement de certaines manifestations.

Il est assez difficile de dire dans quelle mesure la guerre influence l’application de la réglementation. Ainsi, en 1917, la Mairie prohibe la diffusion de films cinématographiques qui font l’apologie des crimes et des délits ainsi que des séances d’hypnotisme prévues à la salle de spectacle de L’Alhambra, boulevard Rocheplatte. Dans le même ordre d’idées, en juin 1918, elle s’interroge sur la dangerosité d’un spectacle de lancé de tomahawks, arme amérindienne méconnue des Orléanais à l’époque. Rien ne permet cependant d’affirmer, qu’en temps de paix, ces manifestations auraient eu lieu.

Néanmoins, l’influence de la Grande Guerre est palpable dans les documents conservés par les Archives municipales. Ainsi, en 1917, alors que les pénuries de matières premières se font de plus en plus ressentir, le Préfet, également investi de pouvoirs de police, restreint l’amplitude d’ouverture des salles de spectacle, de réunion, les théâtres, concerts, music-hall et cinémas. Alors que le charbon manque, il faut éviter les consommations qui semblent superflues et réserver l’usage du combustible pour le chauffage domestique et surtout pour les usines travaillant à la Défense nationale.

Les documents conservés démontrent aussi que la fête peut gêner en cette époque où le deuil est courant. La population se tourne alors vers le Maire pour faire arrêter des manifestations qui sont jugées déplacées. C’est le cas, par exemple, en 1918, dans une lettre anonyme où une femme, sans doute endeuillée, lance un véritable cri du cœur. Elle demande que cessent les bals donnés par la « môme Girard ». Elle réclame un « peu de pitié » « pour ses pauvre feme et mère qui pleure leure pauvre enfants (sic) » et pour qui c’est un crève-cœur d’entendre de la musique « dans un moment pareille où qui tombe tant de pauvre soldat la bas (sic) ».

 

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