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Histoires d'Orléans

La rue Royale : avec ou sans arcades ?

En juin 1940, les bombardements et l'incendie qui en découle touchent durement la rue Royale. Dans les semaines qui suivent, les services de la reconstruction déblaient les gravats et démolissent tout ce qui menace ruines. Ainsi, près de la moitié des immeubles de la rue disparaissent notamment dans sa partie Nord-Ouest.


Lors de l'élaboration du plan de 1940, la question du devenir de la rue soulève bien des polémiques entre les novateurs et les conservateurs. Il faut ainsi déterminer si l'on souhaite respecter l'héritage du passé, et, si oui, dans quelles proportions. En effet, l'architecture de cette rue ouverte au 18e siècle figure à l'inventaire supplémentaire des Monuments historiques. Cependant, la nationale 20 emprunte
cette voie. Avec l'augmentation du trafic routier d'avant-guerre, la rue Royale est l'une des artères qui illustre le plus le problème de la traversée d'Orléans en automobile. L'élargissement de la chaussée semble nécessaire pour une meilleure gestion du flux ce qui ne va pas forcément de pair avec le maintien de l'architecture d'origine. Par ailleurs, pour la municipalité, l'opération de reconstruction de la partie
détruite constitue l'opportunité de s'intéresser aux nombreux logements insalubres subsistants dans la zone épargnée par les bombes et les flammes.


Alors que certains prônent la destruction totale de ce qui subsiste et la percée d'une large avenue ouvrant sur la Loire, d'autres préfèreraient une reconstruction en l'état d'avant-guerre, c'est-à-dire sans galerie sous arcades. Un autre groupe estime qu'il faut rendre son état d'origine à la rue, c'est-à-dire repousser les commerces qui
depuis des décennies se sont agrandis sous les arcades en utilisant la galerie. Le débat est tel que l'étude et la décision sont reportées à la fin des hostilités.


En 1945, il est décidé de reconstituer autant que possible l'architecture originelle de la rue. Les arcs en plein cintre sont rétablis. Les vitrines de magasins ne donnent plus directement sur la voie mais sous la galerie qui protège le chaland. L'unité architecturale des façades est ainsi retrouvée. La chaussée est élargie grâce à la
suppression des trottoirs. Les logements sont aussi assainis suite à la reprise totale de l'artère et non pas seulement de la partie détruite. Vingt-cinq années après son bombardement, la rue Royale est officiellement inaugurée le 24 mars 1965.

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Juin 1940 : Orléans, une ville en ruines


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