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Histoires d'Orléans

Entre sécurité et protection des moeurs

Dès le début du XIXe siècle, une réglementation relative à la baignade en Loire existe dans le double objectif d’assurer la sécurité des baigneurs et de garantir la protection des bonnes mœurs.

Chaque année, les zones de baignade sur le territoire de la commune sont revues. Ainsi, dès juin, deux mariniers vérifient le niveau de l’eau, la qualité du sable et la présence éventuelle de cavités. Les zones les moins dangereuses sont identifiées afin de déterminer les lieux autorisés. Des pieux délimitent les bassins pour nageurs débutants et nageurs expérimentés. Il ne s’agit cependant que d’installations provisoires qui évoluent, durant la saison, en fonction des mouvements du fleuve.

La municipalité veille aussi à la tenue et l’attitude des baigneurs. La réglementation indique que le port du caleçon ou « au moins d’une ceinture qui couvre assez pour ne pas blesser la pudeur » est obligatoire. Il est interdit de rester nu hors de la rivière et de se tenir trop près des lavandières. Les nombreux bosquets d’osier servent de vestiaires mais engendrent aussi des plaintes de riverains qui y voient un lieu de débauche. Progressivement et avec le développement de la mode balnéaire, les petites tentes fleurissent sur le sable de Loire. Les habits de ville laissent ainsi place au maillot de bain à l’abri des regards indiscrets. Malgré tout, la question des mœurs perdure. Dans les années 1930, certains se plaignent que de « charmantes ondines fréquentant la plage, sous prétexte de donner à leur épiderme une teinte bronzée, très à la mode, prennent un peu trop de liberté avec leur décolleté ». Dans les années 1950, les arrêtés rappellent qu’il est interdit de se dévêtir en public et de se baigner nu.

Dès le XIXe siècle, la municipalité diffuse des affiches permettant de localiser les boîtes de secours et d’informer les Orléanais sur les premiers soins à donner en cas de noyade.

Avec le recul, les premiers soins semblent rudimentaires. Hormis opérer les prémices d’un massage cardiaque, il est demandé « d’allumer un grand feu », de frictionner le corps avec « une liqueur spiritueuse » ou encore de « chatouiller le dedans des narines et de la gorge avec la barbe d’une plume ». Pour finir, après que le noyé ait donné les premiers signes de vie, un lavement est préconisé et un médecin peut même administrer une saignée !

Malgré les appels à la prudence, chaque année, des noyades ont lieu. Dans les années 1910, les ouvriers - qui se baignent à l’ouest de la ville - demandent la création de postes de « gardes baigneurs ». Parfois, des récompenses sont attribuées aux passants qui accomplissent des sauvetages au péril de leur propre vie.

Dans les années 1930, la réglementation est renforcée. Il est défendu à toute personne ne sachant pas nager de se baigner sur toute l’étendue de la commune. Les zones de baignade sont restreintes. Parallèlement, un service de surveillance est mis en place chaque jour de 14h à 21h par le corps des sapeurs-pompiers. Ces derniers sont équipés d’appareils mécaniques de respiration artificielle, d’un canot, de bouées, de gilets de sauvetage et de pansements.

Cependant, dans les années 1950, la municipalité déplore toujours les « accidents tragiques » « dus à l’imprudence des baigneurs ». L’interdiction de la baignade en Loire est prise en 1958. Dans les années 1960, des panneaux rappelant cette interdiction émergent sur le bord du fleuve.

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