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L'avènement du Jardin des plantes

L'avènement du Jardin des plantes

Orléans. Le Jardin des plantes. Carte postale. Début du 20e siècle. Collection particulière.

Adjudication des travaux à faire pour transférer les serres et bâches du Jardin des plantes. Affiche imprimée. 1835. AMO, 1675.

1834 - La Ville achète un terrain au sud de la Loire pour l’établissement du nouveau Jardin

 

Une ordonnance royale du 16 novembre 1833 autorise la Ville d’Orléans à acquérir de la Commission administrative des Hospices civils, le terrain situé au sud de la Loire, Faubourg Saint-Marceau à l’extrémité du quai Tudelle, pour y transférer le Jardin des plantes. Par acte du 9 février 1834, la municipalité fait l’acquisition de la parcelle située au quartier du Lièvre d’or, d’une contenance de 3 hectares, 41 ares et 40 centiares, comprenant vignes, terre et jardin. La vente est conclue au prix de 15 363 francs.

 

Au cours de l’année 1834, l’installation débute avec le transfert des plantes déposées à l’ancien Moulin de l’Hôpital. Le 27 mars 1835, les travaux de déménagement de la petite et de la grande serre, ainsi que de la grande bâche, sont adjugés pour 2 717,39 francs à l’entrepreneur Sylvain Guillon. Les travaux sont réceptionnés en janvier 1836.


Serres du Jardin des plantes à Orléans. Chromolithographie. D'après Charles Pensée. MHAO, 2166 © François Lauginie.

1835-1846 - Construction de l’orangerie, de la serre chaude, d’une nouvelle serre tempérée et de la serre à multiplication


Le 29 juin 1835, après avoir débattu de la question du financement de nouvelles constructions, le conseil municipal fixe des priorités et décide l’édification d’une orangerie ou serre tempérée, pour la conservation de tous les arbres ou arbustes qu’elle doit recevoir. Les travaux sont adjugés le 28 juillet suivant au profit de l’entreprise Labesse, moyennant la somme de 16 163 francs. Le bâtiment est réalisé selon les plans de François Narcisse Pagot, architecte de la Ville.

Le nouvel édifice, livré le 28 décembre 1836, conserve encore aujourd’hui sa façade de style néo-classique. Il faut une dizaine d’années pour arriver au projet défini initialement par Pagot. La serre chaude, située à l’ouest de l’orangerie, est destinée à la conservation de la collection de plantes exotiques. Elle est achevée en juillet 1841. Puis, l’ensemble formant la nouvelle serre tempérée à l’est, assortie d’un magasin, d’une serre à multiplication, ainsi que d’une bâche, est terminé en 1846.


Orangerie proposée pour le Jardin des plantes à Orléans. Plan de l'architecte Pagot. 16 juin 1836. AMO, 1Fi50-3

François-Narcisse Pagot (1780-1844)


François-Narcisse Pagot est né à Orléans le 31 octobre 1780. Après l’école gratuite de dessin et d’architecture d’Orléans, il entre à l’école des Beaux-Arts de Paris. Reçu premier prix de Rome en architecture en 1803, il s’installe à Orléans en 1805.

Architecte officiel de la Ville d’Orléans, il réalise de nombreux bâtiments publics parmi lesquels : le Palais de justice, le Temple protestant, les façades de la rue Jeanne-d’Arc et de la rue Pothier.

François-Narcisse Pagot décède à Orléans le 4 décembre 1844 avant l'achèvement de la construction de l'ensemble des serres du Jardin des plantes. Le style néo-classique rappelle celui de l'orangerie de Kew Garden à Londres, le premier modèle du genre construit au milieu du 18e siècle.

 


 


Quai neuf Tudelle. Projet d'agrandissement du Jardin des plantes. Plan. 1841. AMO, 1Fi201.

La situation et les extensions du Jardin 

 

En 1838, la municipalité forme le projet ambitieux d’étendre ultérieurement le Jardin des plantes jusqu’à la Loire pour aménager une partie dédiée à la promenade. Elle vote le redressement du quai Tudelle en droite ligne entre le Faubourg Saint-Marceau et le lieu-dit de l’Ile Arrault en 1839. Il faut attendre 1848 pour que le ministère des Travaux publics ordonne la construction du quai. Si le projet d’extension du Jardin n’a pas abouti, la municipalité acquiert progressivement, et ce jusqu’en 1981, les parcelles qui vont permettent l’agrandissement optimal du Jardin vers l’Ouest en bordure de l’actuelle avenue Roger-Secrétain.

  

L'emprise du jardin des plantes en 1841 (en vert foncé) et le projet de son extension juqu'à la Loire (en vert clair).

 

 

 

 



Orléans. Entrée du jardin des plantes. Carte postale. Début du 20e siècle. Collection particulière.

1857 - La grille et les deux pavillons de la porte Saint-Jean sont déplacés pour former l’entrée du Jardin des plantes


En 1855, les logements du jardinier en chef et ceux des employés de l’octroi du bureau Tudelle qui est contigu au Jardin des plantes, sont en mauvais état. Le 14 mai 1855, le conseil municipal décide de déplacer les deux pavillons et la grille de la porte Saint-Jean pour former la nouvelle entrée du Jardin et constituer les nouveaux logements. Les travaux sont adjugés le 11 mai 1857, les opérations de démontage et de reconstruction sont achevées en septembre 1858.

 

Sur cette carte postale du début du 20e siècle, on distingue sur la gauche la grille de l'octroi Tudelle et le pavillon contigu qui abrite les bureaux. 


Place du Jardin des plantes après les bombardements de juin 1940. Photographie. 1940, réed. 1995. AMO, 3Fi2234.

Les dommages de la Seconde Guerre mondiale


Pendant les bombardements de juin 1940, le pavillon situé du côté de la rue de la Vieille-Levée est entièrement sinistré. Classé au programme prioritaire de reconstruction en 1951, on envisage de le reconstruire à l’identique. Le projet est toutefois abandonné en raison du coût que nécessite sa réalisation en pierres de taille. De 1958 à 1960, on restaure le portail d’entrée, des grilles neuves sont mises en place et quelques maçonneries sont refaites.

 

Un seul des deux pavillons formant l'entrée du jardin des plantes depuis le 19e siècle subsiste encore aujourd'hui. Les bâtiments déssinés par l'architecte Pagot sont édifiés entre 1831 et1836.


Projet d'une grille pour le Jardin des plantes côté de la route départementale N°1 d'Orléans à Tours. Plan (détail). 1882. AMO, 1674.

1882 - Une « gracieuse grille » pour clôturer le Jardin

 

Afin d’assurer la sécurité, mais aussi l’embellissement du Jardin, une « gracieuse grille » de 360 mètres de long est installée du côté de la route départementale d’Orléans à Tours (actuelle route de Saint-Mesmin). Le projet, ajourné pendant plus de 40 ans, est approuvé le 10 mai 1882.


Portail d'entrée. Photographie. 1989. Cliché : Région Centre-Val de Loire, Inventaire général, Jean-Claude Jacques.

1958 - La grille du château de Maisonfort

 

En 1958, une entrée du public est aménagée avenue de Candolle (actuelle avenue Roger-Secrétain) assortie du nouveau pavillon de la conciergerie.

Dans un même esprit d’embellissement, la Municipalité acquiert de l’Administration des domaines, la grille de l’ancien château de Maisonfort à Olivet suite à la destruction de l’édifice.

Une fois en place, le portail monumental en fer forgé du 17e siècle accompagne le visiteur depuis l’entrée vers un nouveau tracé dessiné par le service des Jardins et promenades. Cette entrée n’existe plus aujourd’hui.

 

 

En juin 1958, la Société archéologique et historique de l'orléanais visite les châteaux inconnus de Sologne et constate l'état de délabrement du Château de Maisonfort à Olivet. A la suite de sa démolition, la Société demande aux autorités françaises de sauver la porte en fer forgé du 17e siècle et d'en faire don à la Ville d'Orléans.

Excursion de la S.A.H.O. Photographie. 1958. AMO, 1674. (138 ko)


Orléans. Un coin du Jardin des plantes. Carte postale. première moitié du 20e siècle.

Fontaine, statue et agrément


La fontaine décorative qui agrémente le centre des deux allées principales provient d’une commande passée en 1860 à J.J. Ducel, maître de forges à Paris. Les modèles, très en vogue à cette époque, se retrouvent encore aujourd’hui dans de nombreuses villes de France.

Deux fontaines en fonte de fer sont tout d’abord placées à la tête nord du pont George-V. L’une d’entre elle est transférée par la suite au Jardin des plantes, l’autre place Sainte-Croix. Le modèle choisi pour le Jardin des plantes représente deux sirènes et un enfant au coquillage.



 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

« Rêverie » du sculpteur : Comte de Nogent. 1867. Fondeur : J.J. Ducel. Photographie. 2017.