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Vue de l'église Saint-Pierre Lentin en cours de fouille à la fin des années 1970 (crédits : DRAC Centre, 1977-1979)Plan d'intégration de l'église Saint-Pierre-Lentin dans le bâtiment du Conseil Régional du Centre (crédits : DRAC Centre)Vue des vestiges de l'église Saint-Pierre-Lentin conservés dans le bâtiment actuel du Conseil Régional du Centre (crédits : DRAC Centre)

glise Saint-Pierre-Lentin

9e sicle-1791

Orléans

L’église Saint-Pierre-Lentin est un édifice très majoritairement inconnu des orléanais. La raison en est évidente puisque rien n’en subsiste à la place qu’elle occupait initialement au sud de cathédrale.

Le nom de la rue qui sépare aujourd’hui la cathédrale Sainte-Croix des bâtiments du Conseil Régional demeure la seule empreinte de l’édifice visible par le promeneur. Il suffit toutefois de descendre un peu pour que réapparaissent, intégrées dans le sous-sol de l’Hôtel de Région, les fondations de l’église et une partie de ses élévations. C’est suite aux opérations archéologiques menées à la fin des années 1970, aux abords de la cathédrale, que ces dernières ont été retrouvées, motivant la modification du projet de construction pour en conserver la totalité.

Laurine Guyot, tudiante en Master II d'archologie, universit de Nantes

L’église Saint-Pierre-Lentin dans les sources

C’est vers 1291/1292 que l’église Saint-Pierre-Lentin apparait pour la première fois dans le censier du prieuré de Saint-Samson. L’appellation employée au 13e siècle, Sanctus-Petrus-Lactentium, a été à l’origine de plusieurs hypothèses visant à en expliquer l’origine. L’explication étymologique la plus fréquente dans les écrits des historiens est celle qui se fonde sur un lien supposé entre l’église et l’Hôtel-Dieu situé à proximité. C’est donc de par sa fonction de baptistère, prioritairement à destination des enfants de l’établissement voisin, que l’église aurait été nommée. Le devenir de l’édifice dans le courant du bas Moyen Age est connu par une série d’événements relatés dans plusieurs textes et ne suscite donc aucun débat. La facilité à en restituer la trajectoire en est sans doute moins la cause que le peu d’intérêt porté à l’église. Cette dernière, en raison de fortunes diverses, a en effet assez tôt cessé d’être un édifice religieux. De plus les dimensions réduites constatées en fouille ne tendent pas à en démontrer l’importance. Si à un édifice de petite taille s’ajoutait une pauvreté architecturale, il n’est pas étonnant que si peu de lignes lui aient été consacrées.

C’est malgré tout sans surprise que ses fondations ont été mises au jour en 1977 car leur découverte à cet emplacement était attendue. Ce n’est en effet qu’à partir de 1967, lors de la construction d’un parking aérien, qu’il est possible de parler d’une destruction totale de l’église. Suite à sa désaffection en 1791 Saint-Pierre-Lentin était devenue bien national et avait été utilisée dans un premier temps comme magasin avant de servir de salle de spectacle « où une société d’acteurs bourgeois se réunissait. ». C’est en 1809 qu’elle avait retrouvé une fonction religieuse quand elle fut utilisée comme temple protestant jusqu’à la construction de Saint-Pierre-Empont situé à quelques centaines de mètres.

Les origines de Saint-Pierre-Lentin : l’apport de l’archéologie

Les apports majeurs résultant des fouilles archéologiques concernent essentiellement le plan et la datation de l’église. En premier lieu, suite à leurs recherches, les archéologues ont pu faire remonter à l’époque carolingienne sa fondation qui jusque-là n’était connue que par la première mention du 13e siècle. C’est également la forme bien particulière de son plan, dit plan en tau, du nom de la lettre grecque dont il reproduit la forme, qui a créé la surprise lors de sa découverte.

La datation de l’église du 8e-9e siècle, avancée suite à la fouille, n’a pas ou très peu été fondée sur le mobilier archéologique découvert à l’époque. Ce dernier était en effet peu abondant et les connaissances en matière de céramiques alto-médiévales étaient alors peu développées. C’est donc essentiellement sur des considérations d’ordre historique et sur des comparaisons architecturales que s’est appuyé le raisonnement aboutissant à cette conclusion. Depuis lors, les références régionales en matière de céramiques mérovingiennes et carolingiennes ont grandement évoluées, l’augmentation significative des opérations urbaines y ayant contribué, tout comme les recherches approfondies sur les ateliers voisins de Saran. C’est donc à la lumière de ces nouveaux éléments qu’une reprise de toute la documentation archéologique est réalisée en 2016 dans le cadre d’un mémoire universitaire d'archéologie. La datation de l’église constitue la problématique centrale de ce travail et implique de retourner aux données brutes acquises à la fin des années 1970. En pratique il s’agit de ré-étudier le mobilier découvert en fouille pour en affiner la datation après avoir reconstitué l’histoire stratigraphique du site.

Outre les fouilles de la fin des années 1970, Saint-Pierre-Lentin n’a finalement été que très peu étudiée en comparaison d’autres édifices orléanais encore en élévation. Pourtant sa proximité avec la cathédrale et son ancienneté en font un des éléments crucial au coeur des questionnements liés à la création de la cathédrale à son emplacement actuel et à la formation d’un quartier épiscopal à Orléans. L’intérêt de l’église pour l’histoire religieuse orléanaise est donc évident et l’essentiel des sources disponibles repose sur les données issues des rapports de fouilles des campagnes de 1977, 1978 et 1979. Toutefois l’histoire du site n’y ait présenté que de manière synthétique et plusieurs interprétations de l’époque doivent sans doute être remise en question.

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