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Hôtel Pommeret, 6 juin 2018 (AMO, non coté).Hôtel Pommeret, 6 juin 2018 (AMO, non coté).

Htel Pommeret

1525-2099

Orléans

En plein centre ville d'Orléans, de nombreux hôtels particuliers sont édifiés rue d'Escures au cours du 17e siècle dont l'Hôtel Pommeret. Plusieurs propriétaires se succèdent dont les familles Porcher-Demadières et Pommeret. En 1978, le Ministère de l'Economie et des Finances acquiert l'ensemble immobilier. D'importants travaux de restauration et de réaménagement sont réalisés pour accueillir la Chambre régionale des comptes du Centre-Val de Loire en 1988.

Vronique Mignan, Archives municipales et communautaires d'Orlans

Au 15 rue d’Escures, dans un bel hôtel particulier appelé Hôtel Pommeret et dissimulé en partie par un haut mur de clôture, est installée depuis 1988 la Chambre régionale des comptes du Centre-Val de Loire.

Mais avant son acquisition par le Ministère de l’Economie et des Finances en 1978, cette imposante demeure située entre la place de l’Etape et de la place du Martroi a déjà un long passé derrière elle. Les premières mentions d’une propriété datent du début du XVIe siècle. En effet, en 1521, Maître Chappelain, docteur en médecine, premier médecin de Madame la Mère du Roi, vend au capitaine Bertrand de Thily, seigneur de Lespeigne, capitaine de la Nef d’Orléans, un terrain situé rue de l’Etape-aux-vins (actuelle rue d’Escures). Puis, un acte de vente de propriété datant du 24 février 1525 la mentionne à nouveau.

Cependant le bâtiment que l’on peut voir a été construit au début du 17e siècle et a connu au cours des siècles des remaniements extérieurs et des réaménagements intérieurs. En 1855, la numérotation de la propriété passe du 13 au 15 rue d’Escures.

D’après l’état de section et l’état parcellaire de la section B du cadastre de 1823, divers propriétaires se sont succédé. On peut citer : en 1823 : Miron Lamotte, puis sans date précisée Demadières et à partir de 1852, Pierre Félix Porcher, président de Chambre puis président honoraire à la Cour d’appel et son épouse Juliette, née Demadières.

La famille Porcher-Demadières y réside avec ses cinq enfants et trois domestiques depuis au moins l’année 1841, selon les recensements. Une autre famille y loge également entre 1846 et 1851 : la famille Dubain, ses cinq enfants et deux domestiques.

 

Le 7 février 1860 à Orléans, est célébré le mariage d’Angélique Lucy Porcher, fille de Pierre Félix Porcher avec Frédéric Pommeret, directeur de station de lignes télégraphiques. Aussi, grâce au partage fait chez Maître Pigelet le 24 août 1880, Frédéric Pommeret, inspecteur des postes et télégraphes, devient propriétaire de cet ensemble immobilier à partir de 1881. Il y vit avec sa femme, Lucy et leur fils Michel âgé de 25 ans. Le ménage a à son service une cuisinière, une femme de chambre et un domestique.

La fiche auxiliaire cadastrale indique que l’hôtel est composé d’une maison et d’une écurie :

- un pavillon à gauche, sur deux étages, s’étendant sur un jardin qui donne sur le chevet de l’église Saint-Pierre-du-Martroi,

- au rez-de-chaussée, une chambre, une lingerie, un petit salon et une salle de bains,

- au premier étage, un salon - salle à manger, une cuisine, de quatre chambres à coucher,

- au deuxième étage, une chambre de réserve, trois mansardes au grenier, une cuisine, une buanderie et onze chambres (onze pièces).

Entre 1880 et 1882, d’après les plans du bâtiment dessinés sur la fiche auxiliaire cadastrale, l’hôtel est loué, en partie, à la Société de Crédit de France. En 1889, il est précisé qu’une construction neuve est faite.

 

Selon les recensements de population, d’autres ménages y logent. Par exemple, en 1881, le vicomte François Toussaint et son épouse Mathilde et leur domestique ; en 1891 Elie d’Alès, sa femme Pauline et leur domestique. On y apprend également que Frédéric Pommeret et sa femme y habitent toujours en 1911 avec deux domestiques. Celui-ci décède en 1917 et sa femme en 1921. Le recensement de 1926 mentionne Pierre Roger Pommeret, né en 1863 et inspecteur des Eaux et Forêts en retraite, sa femme Aline qui occupent la demeure avec leurs enfants, Hervey, Angélique, Frédéric, Marie-Thérèse.

L’un de ses fils, Frédéric, né en 1907, est représentant des établissements Delaugère en 1931 et secrétaire à l’usine Panhard en 1936. Il est toujours fait mention de deux domestiques jusqu’au recensement de 1931. Entre 1944 et 1949, la vicomtesse d’Alès loue les onze pièces du premier étage.

En 1962, c’est au tour du capitaine Michel Pommeret et de sa femme Colette d’y résider avec leurs cinq enfants. La tradition familiale est perpétuée avec la location d’appartements, entre autres, à des soldats américains basés à Orléans : Joseph Dressel et sa femme Audrey et Leonard Ormsay et sa femme Jane.

L’appellation Hôtel Pommeret est, somme toute récente, du nom de ses derniers propriétaires. En 1978, la famille Pommeret vend le vénérable hôtel qui est en mauvais état au Ministère de l’Economie et des Finances. Inoccupé quelques années, il trouve une nouvelle destination avec l’installation de la Cour régionale des comptes. En effet, celle-ci est hébergée provisoirement depuis 1983 dans des locaux rétrocédés par EDF 69, rue Bannier. En octobre 1985, le concours d’architecte lancé pour le réaménagement de l’ensemble immobilier est remporté par le cabinet orléanais Blareau-Dufour-Rieder. Le mot d’ordre est préservation et mise en valeur de ce patrimoine urbain, tout en ajoutant des bâtiments nouveaux pour un fonctionnement optimal. Les travaux de restauration se déroulent en 1987-1988.

Côté rue d’Escures, sont conservés les volumes, les escaliers, les éléments de décoration, les combles avec leur charpente en châtaignier, en forme de carène de bateau renversé ainsi que le bâtiment de l’aile Ouest. Les locaux de l’aile Est devenus trop vétustes sont démolis pour faire place à un nouveau bâtiment.

Côté jardin, l’aile Est est réhabilitée tandis qu’au Sud un nouveau bâtiment est construit. Un entresol est même construit sous le jardin. Toutes les nouvelles constructions sont réalisées à l’identique des bâtiments existants.

Depuis 1987, l’Hôtel Pommeret est classé en partie (mur de clôture, logis, escalier, toitures) à l’Inventaire supplémentaire des Monuments historiques.

Emplacement :


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