1854-2014 : 160 ans d'eau courante à Orléans !

1854-2014 : 160 ans d'eau courante à Orléans !

Des puits au réseau d'eau inauguré en grandes pompes - 1

Ouvrir le robinet pour boire un verre d'eau est un geste anodin. Mais l'accès à l'eau n'a pas toujours été aussi simple. Au Moyen-Age, les habitants recueillent l'eau dans des puits privés ou publics, dont certains donnent leur nom à des rues comme celle du Petit-Puits, utilisé par les tanneurs. D'après le rapport du 3 juillet 1818 au voyer de la ville, la question de la salubrité fait déjà partie des priorités de la ville.

Pour faciliter la fourniture en eau, dès 1806, des travaux de forage de puits artésien (eaux jaillissantes) sont entrepris place de l'Etape. Ils sont abandonnés après avoir atteint 83 mètres de profondeur. Entre 1860-1870, des mécaniciens orléanais, comme Henri David et Désiré Maupu, inventent des machines actionnées à la main ou par un cheval. Le premier projet d'alimentation collectif en eau de la ville, présenté par les ingénieurs parisiens Oudry et Cadiat, en 1853, prévoit de puiser l'eau dans une dérivation de la Loire, et de l'élever à l'aide de machines à vapeur dans des réservoirs à construire sur un point élevé de la ville. L'idée d'utiliser l'eau du fleuve limpide en été mais boueuse en période de crues est finalement repoussée. En 1861, pour doter la ville de fontaines, on envisage de capter l'eau du Bouillon du Loiret. Face aux protestations de la comtesse de Polignac, alors propriétaire du domaine de La Source, le projet est modifié. Il aboutit en 1862 à la solution des forages.

L'arrivée de l'eau courante est célébrée lors des fêtes de Jeanne d'Arc de 1864, sous la bénédiction de Monseigneur Dupanloup, alors que de nombreux habitants qui n'en disposent pas encore, demandent des concessions. Les poissonniers du Châtelet souhaitent en 1872 que « chaque étal soit muni d'un robinet » pour assurer la conservation du poisson et la propreté du marché. Certains puits restent encore utilisés longtemps après la date d'inauguration pour finalement devenir objets d'agrément architectural. En 1940, 71 puits dont l'eau est potable sont encore dénombrés.

Demande de réparation du puits de la rue Saint-Vincent
Demande de réparation du puits de la rue Saint-Vincent

Série O, cote provisoire 998. Lettre manuscrite. [1816]. Archives municipales.

Rapport au Voyer de la Ville d'Orléans
Rapport au Voyer de la Ville d'Orléans

Série O, cote provisoire 998. Note manuscrite. [3 juillet 1818]. Archives municipales.

Puits, cloître Saint-Pierre-Empont
Puits, cloître Saint-Pierre-Empont

10Fi15. A. Dufort. Photographie. [2014]. Archives municipales.

Maupu, constructeur-mécanicien
Maupu, constructeur-mécanicien

US181. Annuaire général d'Orléans et des communes du Loiret. [1906]. Archives municipales.

Henri David, constructeur-mécanicien
Henri David, constructeur-mécanicien

US181. Publicité. Annuaire Général d'Orléans et des communes du Loiret. [1906]. Archives municipales.

Fabricants de pompes
Fabricants de pompes

US202. Imprimé. Annuaire Général d'Orléans et des Communes du Loiret. [1952]. Archives municipales.

Rapport du directeur des travaux municipaux relatif à la distribution d'eau du marché aux poissons
Rapport du directeur des travaux municipaux relatif à la distribution d'eau du marché aux poissons

Série O, cote provisoire 7018. Note manuscrite. [12 octobre 1872]. Archives municipales.

Inauguration de la distribution publique d'eau
Inauguration de la distribution publique d'eau

1J161. Affiche. [1864]. Archives municipales.

Invitation au banquet d'inauguration de la distribution publique d'eau
Invitation au banquet d'inauguration de la distribution publique d'eau

1J161. Imprimé. [1864]. Archives municipales.

Des puits au réseau d'eau inauguré en grandes pompes - 2

En 1846, la Compagnie du Chemin de Fer découvre à 5 km au sud-est de la ville, dans le Val (aux Montées), sur la commune de Saint-Cyr-en-Val, une importante nappe souterraine alimentée par la Loire, qui communique avec le Loiret. Cela détermine l'emplacement de l'usine hydraulique dite du Val. La ville compte 45 000 habitants. Quatre puits sont creusés : deux situés sur le terrain de l'usine, un plus à l'ouest et le dernier près du Bras-de-Bou. Le 13 mars 1864, l'Etat autorise l'établissement d'une galerie sous le trottoir gauche du pont George-V, destinée à recevoir les tuyaux de canalisation. En 1866, les pompes élévatoires de l'usine sont desservies grâce à un aqueduc de dérivation.

Ce premier pas dans le projet d'alimentation d'eau d'Orléans nécessite rapidement des améliorations en raison de problèmes de débit et de pression. L'administration municipale envisage alors le développement du réseau et la distribution à domicile par abonnement. En effet, seules de rares industries bénéficient d'un abonnement  annuel leur permettant d'être branchées au réseau, les habitants s'alimentant à des bornes-fontaines publiques. En 11 mois, le réservoir Saint-Vincent est construit. Il est inauguré le 8 mai 1866. L'eau est alors distribuée aux branchements des particuliers.

En 1868, la ville compte 38 bornes-fontaines, 76 bouches de lavage, 43 bouches d'arrosage, 6 jets d'eau, 8 urinoirs à effet d'eau et 499 abonnés, lesquels procurent à la ville un revenu annuel de 21 400 francs pour 408 921 m3 d'eau élevés. Les canalisations de distribution s'étendent sur une longueur de 25 km et la conduite de refoulement, qui permet d'acheminer l'eau vers le lieu de stockage, mesure 6,5 km.
L'évolution se poursuit pour atteindre, en 1876, 1 158 abonnés à l'eau potable pour 48 000 habitants. Le cube d'eau monté annuellement s'élève à 811 000 m3. C'est un grand pas non seulement pour l'hygiène publique avec l'arrosage des rues et l'installation d'urinoirs, mais aussi pour l'hygiène privée avec la mise en place des robinets à domicile. Devant les besoins croissants en eau, les puits s'avèrent vite
insuffisants. En 1878, le puits du Gouffre, près du Dhuy est foré et relié aux bâches d'aspiration par l'aqueduc souterrain. Pour répondre à la demande qui ne cesse d'augmenter et pallier les problèmes de pression, les travaux d'amélioration s'enchaînent…

Projet d'extension - Distribution d'eau : carte d'ensemble
Projet d'extension - Distribution d'eau : carte d'ensemble

Série O, sans cote. Plan. [8 novembre 1878]. Archives municipales.

Demande de concession - 1
Demande de concession - 1

Série O, sans cote. Imprimé. [28 novembre 1896]. Archives municipales.

Demande de concession - 2
Demande de concession - 2

Série O, cote provisoire 7026. Imprimé. [1903]. Archives municipales.

Sommation sans frais
Sommation sans frais

Série O, cote provisoire 7026. Imprimé. [19 février 1925]. Archives municipales.

Tarifs avis aux abonnés
Tarifs avis aux abonnés

Série O, sans cote. Affiche. [1885]. Archives municipales.

Recettes effectuées par le service des eaux depuis sa création
Recettes effectuées par le service des eaux depuis sa création

Série O, sans cote. [1905]. Graphique. Archives municipales.

L'usine de traitement des eaux du Val

Dès 1863, la ville confie à Jean-François Berger-Houry, entrepreneur de maçonnerie, la réalisation de l'usine de traitement des eaux du Val, aux Montées. En 1864, elle se compose d'une pompe à balancier (pompe à feu) capable d'élever au maximum 4 000 m3 par jour, de 3 chaudières à vapeur cylindriques en tôle, d'un réservoir de vapeur. L'eau est distribuée à l'aide d'une conduite ascensionnelle refoulant directement dans le réseau puis à des robinets de puisage situés dans les rues. En 1885, une machine Farcot de 130 chevaux est installée, puis une deuxième en 1893. Chacune d'elles élève 630 m3 d'eau à l'heure, mais en 1897 déjà, l'une d'entre elles donne des signes d'épuisement, et en 1908, hors d'usage, elle est remplacée par un moteur à gaz pauvre de 250 chevaux capable d'élever 19 500 m3 par jour.

Le manque de pression au domicile des usagers, qui vivent dans les étages ou dans les quartiers hauts de la ville, est un problème récurrent. C'est une conséquence du diamètre trop réduit des conduites. Pour pallier ce défaut, de 1916 à 1920, l'ancienne installation thermique de l'usine est améliorée par l'adjonction de groupes turbo-pompes de Laval, d'une puissance de 300 chevaux. Capables d'élever chacun 1 050 m3 à l'heure, ils sont actionnés par deux chaudières Babcock de 113 et 150 m2 de surface de chauffe.

L'installation d'une seconde conduite principale est envisagée du fait de l'augmentation continue du nombre d'abonnés, surtout dans les faubourgs. Après juin 1940, 10 kilomètres supplémentaires de réseau sont posés. Ces travaux, réalisés par la Compagnie d'Entreprises Electro-mécaniques sous la direction de MM. Meunier et Thenard des Ponts et Chaussées, permettent de prévoir des économies en consommation d'énergie et en personnel. L'usine comprend alors 3 groupes électro-pompes de 250 chevaux, capable d'élever 1 200 m3 l'heure en fonctionnant séparément. Ils sont alimentés par des transformateurs recevant du courant 33 000 volts, transformé en 380. Un poste de javellisation est ajouté à l'installation pour améliorer la qualité de l'eau et une signalisation permet de connaître les débits effectués chaque jour et le niveau des réservoirs.

Grâce aux aménagements, l'eau potable, livrée au robinet de chaque Orléanais, peut donc être consommée sans modération ! Le développement du réseau est toujours appelé à évoluer sous l'impulsion de la ville. En 1986, le service des eaux est concédé à
la Lyonnaise des Eaux. La poursuite de la construction d'une nouvelle usine élévatoire, la rénovation du réseau, l'aménagement des forages dans la zone de La Saussaye sont projetés.

Distribution publique d'eau : adjudication des travaux relatifs à la consturction d'un bâtiment pour l'installation des machines
Distribution publique d'eau : adjudication des travaux relatifs à la consturction d'un bâtiment pour l'installation des machines

Série O, sans cote. Affiche. [2 mars 1863]. Archives municipales.

Usine du Val à Saint-Cyr-en-Val
Usine du Val à Saint-Cyr-en-Val

3Fi872. Auteur inconnu. Photographie. [Sans date]. Archives municipales.

Distribution d'eau de la Ville d'Orléans.
Distribution d'eau de la Ville d'Orléans.

Série O, sans cote. Nouvelles Annales de la construction - Distribution d'eau et de gaz, N°14, 2ème édition. [1865]. Archives municipales.

Usine pour la distribution publique d'eau : vue principale des bâtiments
Usine pour la distribution publique d'eau : vue principale des bâtiments

Série O, cote provisoire 7024. Plan. [19 novembre 1892]. Archives municipales.

Mise en service d'un appareil à vapeur
Mise en service d'un appareil à vapeur

Série O, sans cote. Note manuscrite. [14 avril 1916]. Archives municipales.

Chaudière Babcok & Wilcox : vue de face ; coupe transversale
Chaudière Babcok & Wilcox : vue de face ; coupe transversale

Série O, sans cote. Plan. [Sans date]. Archives municipales.

Chaudière Babcok & Wilcox : coupe longitudinale
Chaudière Babcok & Wilcox : coupe longitudinale

Série O, sans cote. Plan. [Sans date]. Archives municipales.

Ville d'Orléans, Usine du Val (Service Hydraulique)
Ville d'Orléans, Usine du Val (Service Hydraulique)

Série O, cote provisoire 7024. Plan. [Sans date]. Archives municipales

Prise en charge 20 m/m - Modèle Ville d'Orléans : montage et détail du branchement
Prise en charge 20 m/m - Modèle Ville d'Orléans : montage et détail du branchement

Série O, sans cote. Plan. [Sans date]. Archives municipales.

Usine de traitement des eaux
Usine de traitement des eaux

série O, cote provisoire 3914. Auteur inconnu. Photographie. [Vers 1985-1987]. Archives municipales.

Les réservoirs et châteaux d'eau reliés à l'usine élévatoire - 1

Pour assurer l'approvisionnement de l'usine, le réservoir Saint-Vincent est le premier construit, mais sa capacité devient vite insuffisante. On envisage la réalisation d'un château d'eau (réservoir surélevé) d'une contenance de 6 500 m3. Les travaux débutent en 1895, au lieu-dit le climat de Bourgogne, rue de la Chaude-Tuile, choisi en raison de son altitude. Ainsi, la pression disponible est augmentée et la desserte des immeubles les plus élevés est meilleure. En 1897, le réservoir Saint-Vincent est désaffecté car sa hauteur ne permet plus d'alimenter certains immeubles en raison de l'extension de la ville.

A partir de 1902, les analyses des eaux du puits du Gouffre aux abords de l'usine révèlent une contamination intermittente due au voisinage du Dhuy. Il est décidé de l'isoler et de se servir de l'eau en provenance d'une importante source captée en 1894, le puits Theurier, si abondante, qu'elle constitue encore l'approvisionnement principal de la ville. Pour voir l'évolution, la consommation totale représente 29 700 m3 en 1865, 2 290 290 m3 en 1902, et 3 857 737 m3 en 1918.

En 1907, un deuxième compartiment du nouveau château d'eau est construit. Il est suivi d'un troisième en 1930. Cette même année, s'élèvent deux autres réservoirs de type Monnoyer, en forme de champignon, d'une capacité de 1 050 m3 chacun, destinés à desservir les quartiers les plus élevés et les immeubles les plus hauts. En 1925, une nouvelle conduite de refoulement est réalisée, puis en 1930, deux compartiments-réservoirs sont établis. Ils jaugent chacun 6 500 m3 comme le précédent.

En 1940, la destruction partielle du pont George-V, qui supporte en ses flancs les deux principales canalisations de refoulement, met en évidence la faiblesse du système de distribution. En 1941, pour avoir une alimentation de secours en cas de nouvelle destruction, les forages d'Ambert, dans le quartier de l'Argonne, et de la Pouponnière (à la Madeleine) sont exécutés sur la rive droite de la Loire.

Plan, coupe et élévation d'un réservoir en ciment armé
Plan, coupe et élévation d'un réservoir en ciment armé

Série O, sans cote. Plan. [16 décembre 1911]. Archives municipales.

Projet de construction d'un réservoir de 1 500 m3 au forage d'Ambert
Projet de construction d'un réservoir de 1 500 m3 au forage d'Ambert

Série O, cote provisoire 6867. Plan. [Vers 1962]. Archives municipales.

Forage d'Ambert
Forage d'Ambert

Série O, cote provisoire 6867. Plan. [Mars 1962]. Archives municipales.

Intérieur d'une cuve de réservoir
Intérieur d'une cuve de réservoir

3Fi1076, L. Arthur. Photographie. [1983]. Archives municipales.

Mois de juin 1902 : Consommation journalière
Mois de juin 1902 : Consommation journalière

Série O, sans cote. Graphique. [Juin 1902]. Archives municipales.

Les réservoirs et châteaux d'eau reliés à l'usine élévatoire - 2

En 1943, à la suite de crues de la Loire, il est décidé de créer un laboratoire pour faire des prélèvements et des analyses dans les puits et forages, la bâche de pompage, les réservoirs et les quartiers de la ville. Mais en 1944, les bombardements touchent le premier compartiment et les réservoirs semi-enterrés, les deux réservoirs surélevés, des canalisations principales du réseau, ainsi que le Service des eaux. Lors de la reconstruction, le principe de distribution publique par un réseau unique étant retenu, il est décidé d'ériger trois réservoirs surélevés d'une capacité de 7 000 m3 chacun. Commencés en août 1946, le premier compartiment, au sud, est mis en service le 20 janvier 1949, le second, au centre, le 22 janvier 1951 et le troisième, le plus au nord, le 15 mars 1952.

En raison de l'accroissement de la population, de l'amélioration de l'habitat et de l'installation d'industries, la consommation devient de plus en plus importante. Il faut encore rechercher de nouveaux captages. En 1949, suite à des sondages infructueux dans le Val, le puits du Gouffre, abandonné depuis 1904, est remis en service. En 1957, le traitement à l'eau de javel est remplacé par un traitement au
chlore gazeux. Pour répondre à la demande toujours plus grande, des forages sont effectués en 1963, au clos des Bœufs de la Barrière Saint-Marc, dans le quartier des Blossières, et au domaine de La Source, en 1965. Enfin, en 1972, le premier compartiment de 5 000 m3 d'un réservoir prévu pour une capacité totale de 15 000 m3 est mis en service au domaine de La Source, et un forage débitant 900 m3 par heure est aménagé au lieu dit Le Bouchet. L'adduction d'eau, principale priorité, engendre encore de nouveaux aménagements, comme, en 1976, la construction d'une galerie à l'intérieur du pont Thinat, pour la pose d'une canalisation de refoulement. Qu'elle soit consommée à domicile ou sur les lieux publics, l'eau potable est toujours source perpétuelle de questionnement sur la salubrité et l'amélioration du réseau.

Vue du synoptique de télé-transmission du niveau de l'eau dans les différents réservoirs de la ville
Vue du synoptique de télé-transmission du niveau de l'eau dans les différents réservoirs de la ville

3Fi1114. L. Arthur. Photographie. [1983]. Archives municipales.

Vue des réservoirs d'eau, 26, rue de la Chaude-Tuile
Vue des réservoirs d'eau, 26, rue de la Chaude-Tuile

2Fi1526. Auteur inconnu. Photographie. [Vers 1955-1960]. Archives municipales.

Château d'eau, avenue Diderot
Château d'eau, avenue Diderot

3fi1266. Auteur inconnu. Photographie. [Après 1971]. Archives municipales.

Défense passive - Nouveaux réservoirs : consignes
Défense passive - Nouveaux réservoirs : consignes

Série O, sans cote. Note dactylographiée. [Sans date]. Archives municipales.

Service des eaux : hangar sinistré après le bombardement du 23 mai 1944
Service des eaux : hangar sinistré après le bombardement du 23 mai 1944

3fi417. Auteur inconnu. Photographie. [Vers 1944]. Archives municipales.

L'eau potable : à la claire fontaine ou à la borne

Sur la voie publique, l'eau sort des fontaines où elle coule en continu dans une vasque ou un bassin et des bornes-fontaines, qui comportent, quant à elles, un bouton-poussoir ou un levier qu'il faut actionner. Avant l'inauguration du réseau, l'accès à l'eau sur la voie publique est déjà une préoccupation. En 1852, le Conseil municipal étudie un projet d'implantation de nouvelles fontaines sur les places de l'Etape et du Martroi ainsi que celui de nouvelles bornes-fontaines dans différents points de la ville comme à la halle aux grains du Campo Santo, à l'angle des rues de la Bretonnerie et de Gourville ou encore dans le quartier du Châtelet. Chaque fontaine et chaque borne-fontaine fournira respectivement 90 000 litres et 15 000 litres d'eau pendant les 12 heures du jour. Après 1864, alors que l'eau n'est pas encore accessible au domicile de tous les particuliers, nombre d'Orléanais, comme ceux de Saint-Marceau, réclament une borne-fontaine « qui assurerait en tous temps de l'eau potable aux habitants » du quartier.

Au 19e siècle, l'installation de fontaines participe à l'image de modernité de la ville. L'existence du réseau public d'eau et le souci de la municipalité pour le développement de l'hygiène et l'accès à l'eau pour tous sont ainsi soulignés. A l'heure où le mobilier urbain se diversifie, le recours au fer et à la fonte permet des réalisations artistiques qui agrémentent finalement les rues et vont faire oublier la
fonction première. Quelques-unes de ces fontaines subsistent de nos jours. Ainsi, les fontaines commandées en 1860, à Ducel, maître de forges, ornent d'abord la tête nord du pont George-V. Ensuite, l'une d'elle est transférée au Jardin des Plantes et l'autre place Sainte-Croix où elle est rejointe par une fontaine jumelle. En 1886, pour orner la place Bannier (actuelle place Gambetta), la Mairie choisit la fontaine « Les trois Grâces » dans le catalogue d'Antoine Durenne, maître de forge, connu dans le domaine du mobilier urbain. Dans le même catalogue, celle de type « gerbes de roseaux » est sélectionnée pour la place Albert-Ier. Le jardin de l'Hôtel de ville, aménagé dans les années 1880, accueille le petit Amour versant de l'eau dit « Enfant à l'urne » réalisé par Mathurin Moreau. Les bornes-fontaines plus discrètes sont au nombre de 49 en 1874. Il en existe encore 44 en 2014. La plus remarquée est sans doute la borne-fontaine dite Wallace située rue Louis-Roguet qui a été rééditée sur le modèle de celle du richissime Anglais qui la dessina au 19e siècle.

Borne-fontaine, dite Wallace, rue Louis-Roguet
Borne-fontaine, dite Wallace, rue Louis-Roguet

10Fi14. A. Dufort. Photographie. [2014]. Archives municipales.

Pétition des habitants de la rue du Coq-Saint-Marceau
Pétition des habitants de la rue du Coq-Saint-Marceau

Série O, cote provisoire 7018. Manuscrit. [Octobre 1878]. Archives municipales.

Borne-fontaine à repoussoir
Borne-fontaine à repoussoir

Série O, sans cote. Plan. [1862]. Archives municipales.

Borne-fontaine sur un quai de la gare d'Orléans
Borne-fontaine sur un quai de la gare d'Orléans

10Fi12. C. Bruant. Photographie. [2014]. Archives municipales.

Couverture du catalogued'A. Durenne, Maître de forges
Couverture du catalogued'A. Durenne, Maître de forges

Série O, sans cote. Catalogue d'A. Durenne. Imprimé. [Vers 1882]. Archives municipales.

Pompes et bornes-fontaines : planche 490 du catalogue d'A. Durenne
Pompes et bornes-fontaines : planche 490 du catalogue d'A. Durenne

Série O, sans cote. Catalogue d'A. Durenne. Imprimé. [Vers 1882]. Archives municipales.

Bornes-fontaines : planche 491 du catalogue d'A. Durenne
Bornes-fontaines : planche 491 du catalogue d'A. Durenne

Série O, sans cote. Catalogue d'A. Durenne. Imprimé. [Vers 1882]. Archives municipales.

Gerbes de roseaux : planche 388 du catalogue d'A. Durenne
Gerbes de roseaux : planche 388 du catalogue d'A. Durenne

Série O, sans cote. Catalogue d'A. Durenne. Imprimé. [Vers 1882]. Archives municipales.

La gare
La gare

2Fi1693. Louis Lenormand. Carte postale. [Vers 1940-1950]. Archives municipales.

Consommation
Consommation

Série O, sans cote. Manuscrit. [Sans date]. Archives municipales.

Fontaine de la place Bannier
Fontaine de la place Bannier

1Fi1-10. Plan. [1886]. Archives municipales.

Vasque V : planche 360 du catalogue d'A. Durenne
Vasque V : planche 360 du catalogue d'A. Durenne

Série O, sans cote. Catalogue d'A. Durenne. Imprimé. [Vers 1882]. Archives municipales.

Place Gambetta - Eglise Sainte-Paterne [sic]
Place Gambetta - Eglise Sainte-Paterne [sic]

2Fi185. Auteur inconnu. Carte postale. [Vers 1914]. Archives municipales.

Fontaine Gambetta : travaux
Fontaine Gambetta : travaux

3FI3396. Auteur inconnu. Photographie. [1993]. Archives municipales.

Conseils de J.J. Ducel pour l'entretien des peintures Ducel
Conseils de J.J. Ducel pour l'entretien des peintures Ducel

Série O, cote provisoire dossier 109. Imprimé. [1860]. Archives municipales.

Modèles de fontaines par J.J. Ducel
Modèles de fontaines par J.J. Ducel

Série O, cote provisoire dossier 109. Imprimé. [1860]. Archives municipales.

Place Sainte-Croix
Place Sainte-Croix

2Fi175. L.C. Phot. Carte postale. [Avant 1903]. Archives municipales.

Un coin du jardin des plantes
Un coin du jardin des plantes

2Fi369. Th. G. Carte postale. [Sans date]. Archives municipales.

Fontaine monumentale non localisée, style de la maison de Diane de Poitiers
Fontaine monumentale non localisée, style de la maison de Diane de Poitiers

1Fi137. Plan. [2ème moitié du XIXe siècle]. Archives municipales.

Place du Général-de-Gaulle : aménagement de la fontaine
Place du Général-de-Gaulle : aménagement de la fontaine

3Fi3258. Auteur inconnu. Photographie. [Vers 1985-1986]. Archives municipales.

Amour versant de l'eau, dit Enfant à l'urne, par Mathurin Moreau
Amour versant de l'eau, dit Enfant à l'urne, par Mathurin Moreau

10Fi13. A. Dufort. Photographie. [2014]. Archives municipales.