Le souvenir d'un quartier médiéval

Le souvenir d'un quartier médiéval

A la veille de son premier aménagement, dans les années 1960, « La Charpenterie » est encore composée de quatre îlots urbains d’origine médiévale. Délimité à l’ouest et à l’est par les rues de l’Empereur et de la Poterne, cet ensemble bâti sur près d’un hectare descend en pente douce depuis la rue de la Charpenterie, au nord, jusqu’au quai du Châtelet, au sud. A l’intérieur, deux rues se croisent : la rue de la Corroierie, d’est en ouest, et la rue Croche-Meffroy, du nord au sud. En bas, l’impasse du Vaudour et l’impasse de la Poterne forment des appendices aux rues éponymes.

Hormis sa structure médiévale, l’îlot conserve aussi une toponymie ancienne rappelant souvent des caractéristiques disparues. Ainsi, les rues de la Poterne et de la Croche-Meffroy aboutissaient jadis à des éléments architecturaux de l’enceinte (porte ou éperon) donnant sur la Loire. Les noms « Charpenterie » ou « Corroierie » étaient, quant à eux, représentatifs des métiers les plus présents sur le site. Ainsi, à part le travail du bois, durant toute la période moderne et jusqu’au 19e siècle, l’activité du quartier est principalement tournée vers les métiers de la peau. Tanneurs, mégissiers, parcheminiers ou corroyeurs y travaillent et y vivent. Mais, à l’époque contemporaine, suite à l’extinction progressive de ces professions, l’activité s’amoindrit et la population s’appauvrit.

Malgré certains alignements au 19e siècle, une grande partie de l’habitat date des 14e ou 15e siècles. Typiquement, le parcellaire est dense ; les demeures ont une façade sur rue et ont généralement une cour intérieure voire un puits. Certaines demeures bénéficient de décors sculptés alors que d’autres sont à pans de bois. A l’aube de l’époque contemporaine, ce quartier situé au cœur de la ville historique dépérit. Faute de moyens, les maisons ne sont plus entretenues. Parallèlement, aucun travaux d’assainissement n’est effectué et c’est ainsi que les eaux usées coulent à même le sol de la rue de la Corroierie. Au milieu du 20e siècle, la salubrité et la vétusté du bâti deviennent une source d’inquiétude. Certains bâtiments menacent ruines. La problématique du devenir de l’îlot s’intensifie.

Rue de la Poterne, vue depuis le quai du Châtelet
Rue de la Poterne, vue depuis le quai du Châtelet

Rue de la Poterne, vue depuis le quai du Châtelet : à gauche, immeuble n°38, quai du Châtelet. Vers 1900. Imprimé. Sans nom.

Archives municipales d’Orléans, 2Fi813.

Rue de la Poterne, vue depuis le quai du Châtelet
Rue de la Poterne, vue depuis le quai du Châtelet

Rue de la Poterne, vue depuis le quai du Châtelet : à gauche, immeuble n°38, quai du Châtelet. Vers 1962. Photo. R. Boitel.

Archives municipales d’Orléans, 3Fi146.

 

La rue de la Poterne est à l’origine le cardo de la ville gallo-romaine. A partir du 16e siècle au moins, la partie comprise entre la rue de la Charpenterie et le quai est appelée « Poterne Chesneau » car elle mène à une porte fortifiée portant ce nom et qui donne sur la Loire. Des vestiges restent visibles sur les murs de la maison 38, quai du Châtelet jusqu’à sa destruction en 1966.

La rue de la Poterne n’a pas subi de transformations importantes avant la restructuration totale de l’îlot de la Charpenterie. Après avoir été pavée dans les années 1860, elle fait l’objet d’un alignement à la fin du 19e siècle. Certaines maisons sont alors détruites au profit de l’élargissement de la voie. Dès les années 1930, l’insalubrité des constructions est dénoncée. Comme dans le reste de l’îlot, les maisons sont d’origine médiévale mais souffrent d’un manque d’entretien. 


Bas d'un immeuble situé rue de la Poterne
Bas d'un immeuble situé rue de la Poterne

Bas d’un immeuble situé rue de la Poterne, côté est. Vers 1962. Photo. R. Boitel.

Archives municipales d’Orléans, 3Fi147.

Rue de la Croche-Meffroy
Rue de la Croche-Meffroy

Rue de la Croche-Meffroy. Vers 1962. Photo. R. Boitel.

Archives municipales d’Orléans, 3Fi148.

Plan de l'îlot de la Charpenterie
Plan de l'îlot de la Charpenterie

Plan de l’îlot de la Charpenterie représentant le parcellaire, la voirie et les immeubles à démolir. Vers 1960. Imprimé. Société d'économie mixte pour l'équipement du Loiret (SEMPEL).

Archives municipales d’Orléans, 4058.