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Réhabiliter ou détruire ?

En 1958, la municipalité lance un programme générale d’amélioration de l’habitat. L’îlot de la Charpenterie est le premier quartier choisi pour une réhabilitation. La conclusion des différentes études est très négative : des immeubles ont été sinistrés par faits de guerre, les cours intérieures sont mal aérées, les rues sont sombres et malsaines et les immeubles humides et pas entretenus. Certains logements font même l’objet d’un arrêté municipal de péril. Les familles ne bénéficient pas du confort moderne puisque les sanitaires sont quasi inexistants.

Le parcellaire étant assez dense, il semble impossible d’améliorer l’habitat existant. Pourtant, pendant de nombreuses années, la problématique de la préservation ou de la destruction totale reste un enjeu de taille. Une enquête archéologique est lancée pour évaluer l’intérêt architectural et historique du bâti. Chaque immeuble est analysé par le biais d’une fiche artistique. Les éléments remarquables y sont consignés tels que des médaillons ou des poutres sculptés, des charpentes ou des fenêtres intéressantes, la nature des matériaux employés et la date de construction estimée. Cependant, l’état de délabrement y est aussi souvent souligné. L’option de restaurer et conserver ce patrimoine bâti n’est finalement pas retenue. L’idée de réaliser un programme de logements neufs à la place du quartier ancien voit le jour. En 1960, le projet est déclaré d’utilité publique. En 1964, les rues Croche-Meffroy et de la Corroierie ainsi que les impasses Sainte-Barbe, du Vaudour et de la Poterne sont déclassés du domaine public, ce qui annonce leur disparition prochaine. A partir de là, les maisons anciennes tombent les unes après les autres.

En 1962, le côté sud de la rue de la Charpenterie et le nord de la rue de la Corroirie font l’objet des premières démolitions. Les maisons étant non seulement liées les unes aux autres du fait de la structure de bâti ancien mais aussi du fait du dénivelé naturel du terrain, les démolitions entraînent rapidement des dégâts sur les édifices subsistants. Les destructions s’enchaînent ainsi jusqu’en 1967. Plus de 200 logements disparaissent. Le carreau de la Charpenterie devient alors un terrain vague où certaines caves naturelles ou non sont béantes.

En effet, le projet de logements neufs ne se concrétise pas. Les riverains attendent avec impatience un aménagement car la proximité de ce terrain laissé à l’abandon pose des problèmes de sécurité pour les enfants qui y trouvent un terrain de jeu. Les problèmes de salubrité se multiplient. En effet, certains n’hésitent pas à utiliser l’îlot comme décharge !

En 1969, l’îlot revit à la faveur de fouilles archéologiques. Hormis des vestiges de la vie à l’époque médiévale, les recherches se tournent vers les restes de la cité gallo-romaine notamment le rempart édifié au IIIe siècle, le long de la Loire. Le nord du secteur sera apparemment peu étudié.

Finalement, la réhabilitation de l’îlot de la Charpenterie est associée à la réhabilitation du quartier des halles du Châtelet. Ainsi, il est décidé de construire un parking aérien ainsi que des halles qui accueilleraient au moins un marché hebdomadaire alors que le quartier des halles du Châtelet serait transformé en centre commercial. La rue des Halles est percée pour relier les deux sites.

 

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