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Le tournant du 20e siècle

Le tournant du 20e siècle


Cours d'arboriculture. affiche imprimée. AMO, 15Fi1107.

1897-1903 - L'école d'arboriculture : du stand Tudelle au Jardin des plantes

 

Dès 1843, la Société d’horticulture sollicite les conservateurs du Jardin des plantes pour la création d’une école d’arbres fruitiers et d’un cours de taille des arbres. L’arboriculture fruitière est en effet l’une des activités les plus importantes du commerce orléanais. Toutefois, les conservateurs préfèrent planter de longues allées et des quinconces de tilleuls pour favoriser la promenade.

 

En 1850, le Département du Loiret et la Ville d’Orléans votent des crédits pour la création d’un cours public et gratuit d’horticulture, de taille et de greffe des arbres, réuni au cours de botanique. Les cours théoriques sont professés à l’hôtel de ville (situé alors à l’hôtel Groslot) et les cours pratiques dans des jardins privés d’Orléans et des alentours.

 

Il faut attendre 1897 pour que l’école fruitière soit créée à la demande du Syndicat horticole du Loiret. Elle est installée sur les terrains appartenant à la Ville au sud du stand Tudelle, entre la rue des Lavandières et celle de l’Ile Arrault et tout à côté de la pépinière municipale. Le jardin-école prépare les jeunes élèves au diplôme d’arboriculture. Ils peuvent ainsi apprendre la taille, le greffage et le pincement des arbres.


Projet d'école d'arboriculture. Plan aquarellé. 1897. AMO,  5389. Cliché : Christophe Camus.

C’est en 1903, en raison du projet d’établissement des nouveaux tramways de Sologne, que l’on prévoit de déplacer l’école au Jardin des plantes. L’installation nécessite la construction de murs, la suppression de certains arbres et du labyrinthe. Les travaux sont effectués rapidement grâce aux ateliers de charité. Dès 1905, l’école possède une belle collection de plus de 1 000 arbres fruitiers : 383 poiriers, 389 pommiers, 19 cerisiers, 27 abricotiers, 84 pêchers, 67 vignes, 30 framboisiers et 14 groseilliers.

Après une cinquantaine d’années de fonctionnement de l’école, de nouveaux projets se dessinent pour le Jardin des plantes. En 1956, un rapport de l’ingénieur subdivisionnaire du service des jardins et promenades de la Ville d’Orléans mentionne que le verger-école se trouve en très mauvais état.

 

Les arbres fruitiers plantés sur une superficie de 5 680 mètres carrés, vieux et à bout de souffle, ne présentent plus aucun intérêt. Le nouveau jardin fruitier-école du stade de la Vallée peut remplacer avantageusement l’ancien dont la disparition peut laisser la place à la roseraie de la Ville d’Orléans.


Roseraie de la ville d'Orléans. Plan. 1958. AMO, O4231.

La roseraie municipale et le concours international de roses


1920 - Le premier projet de roseraie

Dès 1920, Edouard Gitton, directeur du Jardin des plantes, propose de créer une roseraie dans une partie de l’ancien Jardin botanique, tout en réservant une large place à la culture des plantes officinales. Le projet ambitionne d’être attrayant pour le public et utile pour le Syndicat horticole et les horticulteurs de la région. La commission administrative ayant trouvé les ressources pour financer le projet, on achète une douzaine de pylônes pour rosiers grimpants et environ 350 rosiers de choix greffés sur racines d’églantiers.

 

1956 - Création de la roseraie municipale pour l’organisation d’un concours international de roses

C’est en 1956 que le conseil municipal décide de la création d’une roseraie sur l’emplacement de l’ancien verger-école et d’un concours international de roses nouvelles.

Le projet représente un double intérêt : l’amélioration de la décoration florale de la Ville et l’aide indirecte aux professionnels de l’horticulture.


Orléans. Le Jardin des plantes. Carte postale. 1960. AMO, 2Fi872.

« La roseraie comprendra environ 3 000 rosiers dont une certaine partie proviendra du concours international de roses nouvelles (1 000 rosiers). Ces rosiers seront choisis parmi les variétés jugées les meilleures aussi bien dans les variétés récentes que dans les plus anciennes. Ils seront tous très bien étiquetés et présentés en nombreux carrés et plates-bandes sur des parties engazonnées. De larges allées sablées permettront au public d’examiner de très près toutes les fleurs et faciliteront la circulation. Lorsque l’on pénètrera dans la roseraie par une porte pergola en harmonie avec les constructions du Jardin des plantes, on trouvera un grand axe principal de présentation des rosiers du concours international de roses nouvelles. La perspective de ce grand axe se terminera sur une pergola marquée par des piliers qui seront couverts plus tard de rosiers sarmenteux. Un axe transversal permettra la vue de la roseraie de part et d’autre de la route de Saint-Mesmin et d’autre part de l’avenue Candolle.

A l’intérieur, et suivant des niveaux différents afin d’augmenter l’intérêt et la curiosité, la roseraie présentera plusieurs types de scènes de jardin afin de faire connaître au public les races de rosiers existants et une collection importante de plantes vivaces, de plantes annuelles et de plantes grimpantes cultivées dans les pépinières orléanaises. Pour mettre en valeur toutes ces plantes et ces fleurs, deux petits bassins complèteront l’ensemble de la présentation et permettront d’admirer une petite collection de plantes aquatiques. Afin d’isoler la roseraie d’un ensemble de constructions hétérogènes, il existera en arrière de la grande pergola un fond de grands arbres qui devraient contribuer à rendre ce cadre aussi délicieux que possible ». 


Inauguration de la roseraie du Jardin des plantes. Menu. 27 septembre 1958. AMO, O4231.

La nouvelle roseraie est inaugurée le 27 septembre 1958


Le jury du concours international de roses se réunit pour la première fois lors de l’inauguration officielle de la roseraie. L’évènement est programmé à l’occasion de l’exposition nationale annuelle d’horticulture.

Le docteur Pierre Ségelle, député-maire d’Orléans accueille alors les personnalités parmi lesquelles André de Vilmorin, premier vice-président de la Société nationale d’horticulture.

Des personnalités orléanaises sont récompensées : le président de la société d’horticulture d’Orléans, Raymond Chenault, reçoit la Croix de la Légion d’honneur; l’horticulteur orléanais, Henri Girault, reçoit la Croix de chevalier du Mérite agricole.

La presse relate le succès sans précédent de l'inauguration de la nouvelle roseraie, la manifestation ayant pendant trois jours enthousiasmé des milliers de visiteurs. Un son et lumière est organisé pour l'occasion dans l'orangerie, créant une féerie nocturne dans un jardin illuminé et sonorisé.


Concours international de roses. Diplôme imprimé. Sans date. AMO, O3064.

1959 - Le premier concours de roses nouvelles


Le concours est organisé par la Ville en liaison avec la Société d’horticulture d’Orléans et du Loiret et les organisations horticoles orléanaises. Son but est de présenter et de récompenser chaque année les variétés nouvelles de rosiers nains remontants à petites fleurs et de rosiers grimpants remontants cultivés en plein air. Deux prix sont décernés : La rose d’or de la Ville d’Orléans et la grande médaille d’or.

 

Orléans est déjà un grand centre horticole réputé, où sont nées les premières variétés de roses polyanthas. En organisant ce concours, la Ville veut créer une émulation chez les semeurs du monde entier, tout en ayant le privilège de sanctionner et de confirmer les nouveautés. La plantation, la surveillance et l’entretien des végétaux du concours sont assurés par le service des jardins et promenades de la Ville, en toute indépendance. Aujourd’hui, les rosiers primés sont tous conservés dans le jardin des roses.

"Orléans cité des fleurs" et "Orléans cité des roses" deviennent alors de véritables slogans dans les années 1950-1960. Ils se déclinent sur de nombreux documents qui véhiculent la nouvelle image de la ville.



Orléans. Cité des fleurs. Carte postale. vers 1960. AMO, 2Fi847.

Un Jardin inscrit dans la tradition

 

Aujourd’hui, le Jardin des Plantes d’Orléans est toujours un lieu d’expérimentation et de diversité. Il entretient un lien important avec plusieurs associations locales et nationales.

La SHOL (Société d’Horticulture d’Orléans et du Loiret) reste un partenaire privilégié parmi d’autres associations comme l’ARO (Les Amis des Roses Orléanaises), les Jardingues, Dionée, la SAJA (Société des Amateurs de Jardins Alpins et de rocaille), Excellence végétale, et la SNHF (Société Nationale d’Horticulture de France).

Le Concours international de roses d’Orléans, transféré au Parc Floral d’Orléans-La Source en 1980, se déroule à nouveau au Jardin des plantes depuis 2008.

Le jardin de roses (conservatoire de rosiers primés au concours de la Ville), la présentation des rosiers primés Grand Prix de la SNHF et de rosiers Label Rouge permettent au Jardin des Plantes de figurer sur la route touristique Au fil de la Rose.


Orléans (Loiret). La rue Jeanne-d'Arc et la cathédrale Sainte-Croix. Carte postale. Vers 1950. AMO, 2Fi628.

La destination de l’orangerie rebaptisée La Serre a aujourd’hui évolué pour devenir un lieu de réception et de conférences pour les acteurs économiques du territoire, mais également pour des expositions et manifestations publiques. Un décor végétal diversifié y est maintenu.

 

Enfin, le Jardin des plantes accueille et organise les essais de fleurissement de la ville. Des associations de couleurs et de plantes y sont testées pour offrir un fleurissement de qualité sur l’ensemble des massifs orléanais. Chaque année « le catalogue vivant » prend également place devant les serres. Selon la saison, il s’agit d’une présentation de toutes les plantes annuelles, bisannuelles et bulbes présents dans les massifs de la ville. Les plantes sont étiquetées pour que le grand public puisse les identifier. La production de ces plantes a lieu dorénavant au Centre de Production situé à Saint-Denis-en-Val.