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Histoires d'Orléans

Fonds de la famille Soudé

Henri Soudé (archives familiales)

Henri Soudé débute la rédaction de ses cahiers le 26 juillet 1914, jour de la fin de l'ultimatum fixé par l'empire austro-hongrois à la Serbie. Rien ne permet de connaître ses motivations. Ce dernier indique qu'il ne croit pas à la guerre et s'interroge sur les raisons de la moblisation. Pourtant, dès les premiers jours, il consigne les événements liés à celle-ci : la file d'attente devant la Banque de France "pour avoir du numéraire" ou encore le flot de voitures qui roulent dans la rue de la Gare, où il demeure.

De jour en jour, Henri Soudé note ce que lui apprennent les dépêches et les journaux et ce qu'il voit en ville, comme l'arrivée des régiments écossais, anglais et indiens.

Ses deux fils sont mobilisés. Lucien, l'aîné, est militaire de carrière. Ambroise, le cadet, est frère dominicain. A la fin du mois d'août 1914, Ambroise disparaît. Les notes d'Henri Soudé nous permettent de suivre l'enquête qu'il mène auprès des camarades de son fils pour savoir ce qu'il est advenu de lui, et ce même après l'annonce officielle de son décès en octobre. Malgré le chagrin, peu exprimé mais perceptible, Henri Soudé poursuit la rédaction quasiment journellement.

Les cahiers d'Henri Soudé sont denses. Il y exprime fortement sa foi et ses convictions politiques. Il s'interroge sur les nouvelles qui sont distillées à la population par l'intermédiaire des dépêches officielles et des journaux. Il retranscrit certaines des correspondances qu'il entretient avec son fils aîné Lucien et la famille élargie telles que les familles Brunet et Lanson, mais aussi avec ses anciens collègues et avec certains camarades d'Ambroise. Il indique ce qui se passe à Orléans et nous donne ainsi un témoignage inédit sur la vie orléanaise durant la Grande Guerre, comme l'afflux de blessés ou les pénuries qu'il mentionne surtout à partir de 1917. Certains passages évoquent également l'exploitation agricole de la famille de sa femme, située à Zafrane en Tunisie. 

Finalement, Henri Soudé, qui ne croyait pas à la guerre, rédige 24 cahiers durant celle-ci et perd un fils.

Les cahiers ne sont pas l'unique témoignage de la famille Soudé. Une partie des correspondances échangées, par exemple entre Henri et ses fils ou leurs camarades, ont été conservées et données aux Archives municipales par les ayants droit. Il a été décidé de les publier également en parallèle chronologique aux cahiers. Le choix a été fait de présenter le discours Le Patriotisme sacerdotal datant de mai 1912 ainsi que des correspondances datant de l'année 1913, année où Ambroise accomplit son service militaire, jusqu'à celles des années 1920, épilogue durant lequel Ambroise est déclaré Mort pour la France.

Les cahiers et les correspondances de la famille Soudé ne laissent pas indifférents. Sans doute assez proches des témoignages existants par ailleurs, les documents restent des documents uniques. A ce titre, ils méritent d'être connus et d'alimenter la recherche en histoire.

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