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Histoires d'Orléans

Rouges de brique

Utilisée de l’époque gallo-romaine jusqu’à des périodes très contemporaines, la brique participe aux couleurs de la ville actuelle. Le recours à la brique dans la construction est lié, comme pour tous les autres matériaux, aux évolutions des techniques mais aussi aux effets de mode. La brique de terre cuite, faite à partir d’argile ou de terre, et fabriquée tout d’abord artisanalement, n’a finalement pas toujours la même teinte. Elle se décline le plus souvent du rose au rouge en passant parfois par l’orangé. La façon dont les briques sont appareillées pour élaborer les murs, ou bien les matériaux auxquels elles sont associées, contribue à la création de jeux de couleurs. La polychromie induite par des opérations de coloration permet, par ailleurs, de créer des décors géométriques. Souvent, le temps altère les teintes de la brique et masque les nuances d’origine que les opérations de restauration ravivent, voire révèlent aux passants, comme ce fut le cas, entre autres, pour les façades de l’hôtel Groslot.

L’utilisation de la terre cuite, de la brique et des tuiles pour les constructions correspondant au territoire actuel d’Orléans est attestée dès l’époque de la romanisation (Ier siècle av. JC). Au siècle suivant, le recours à la brique et à la pierre se généralise favorisant de nouveaux usages et de nouvelles formes de décoration. Au IVe siècle, le premier rempart de la ville est érigé. Il est constitué de blocs calcaires maçonnés avec, au-dessus, l’alternance de briques et de moellons en pierre calcaire. Aujourd’hui, des vestiges tels que ceux situés sur le flanc Nord de la cathédrale Sainte-Croix ou encore ceux sur lequel s’appuie le mur de l’ancienne usine Dessaux, rue de la Tour-Blanche, donnent un aperçu des teintes rosées de la brique et des teintes blanches et brunes du calcaire. Altérées par le temps et les usages, ou ayant bénéficié d’opération de restauration, ces vestiges participent aux couleurs actuelles de la ville qui ne sont sans doute pas vraiment celles d’hier mais pas non plus celles de demain.

Des briques et autres terres cuites sont produites aux alentours d’Orléans et en Sologne. Dès le IIIe siècle, des fours de tuiliers sont attestés au Sud de la Loire. Au début du XXe siècle, des briqueteries sont encore en activité à l’Ile Arrault et à Saint-Pryvé-Saint-Mesmin, entre autres. Ce matériau est prédominant dans plusieurs édifices civils orléanais édifiés entre la fin du XVe siècle et le début du XVIIe siècle. C’est le cas de de la Maison dite de Louis XI, place du Cloître-Saint-Aignan, de l’hôtel Brachet appelé également Hôtel de la Vieille-Intendance, rue de la Bretonnerie, de l’hôtel des Chevaliers du Guet, à l’angle des rues Parisie et Etienne-Dolet, de l’hôtel Groslot ou encore des pavillons de la rue d’Escures. Orléans compte aussi un édifice religieux tout en briques : l’église Saint-Pierre-du-Martroi, érigée au début du XVIe siècle.

Au milieu du XIXe siècle, la fabrication industrialisée de la brique la remet au goût du jour en France. La brique est alors associée à la pierre, au fer, à la fonte et au verre. Le kiosque à musique, datant de 1877, les pavillons de gros des halles du Châtelet, construits entre 1882 et 1887, l’abattoir, inauguré en 1913, rue du Faubourg-Madeleine, certaines usines ou leurs cheminées sont rouges de briques. A la même période, ce matériau est également utilisé dans la construction de maisons particulières dans les nouveaux quartiers. Voisines de maisons en pierre, des maisons aux façades de briques ou en parement de briques colonisent les mails, le quartier Dunois et le quartier Saint-Marceau. Le quartier de l’Etape constitue un bel exemple d’utilisation du parement coloré dans l’entre-deux-guerres.

 En savoir plus

Alix (Clément), « Un exemple d’architecture brique et pierre de la fin du XVIe siècle à Orléans : la maison de la Pomme », Bulletin de la Société Archéologique et Historique de l’Orléanais, t. XXI, n° 170, 2014, p. 87-98.

 


Rempart gallo-romainMur DessauxMaison des chevaliers du GuetsHôtel Groslot, cour d'honneurJardin de l'Hôtel de villeEglise Saint-Pierre du MartroiMarchés couverts, pavillon de détail N° 1Maison AllardMaison moderne, rue de ChanzyAbattoirs, rue du faubourg-MadeleineZone d'activités La Saussaye : détail de l'élévation d'un four à briquesfour à briques : vue nocturne

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