1854-2014 : 160 ans d'eau courante à Orléans !

Des puits au réseau d'eau inauguré en grandes pompes

Ouvrir le robinet pour boire un verre d'eau est un geste anodin. Mais l'accès à l'eau n'a pas toujours été aussi simple. Au Moyen-Age, les habitants recueillent l'eau dans des puits privés ou publics, dont certains donnent leur nom à des rues comme celle du Petit-Puits, utilisé par les tanneurs. D'après le rapport du 3 juillet 1818 au voyer de la ville, la question de la salubrité fait déjà partie des priorités de la ville.

Pour faciliter la fourniture en eau, dès 1806, des travaux de forage de puits artésien (eaux jaillissantes) sont entrepris place de l'Etape. Ils sont abandonnés après avoir atteint 83 mètres de profondeur. Entre 1860-1870, des mécaniciens orléanais, comme Henri David et Désiré Maupu, inventent des machines actionnées à la main ou par un cheval. Le premier projet d'alimentation collectif en eau de la ville, présenté par les ingénieurs parisiens Oudry et Cadiat, en 1853, prévoit de puiser l'eau dans une dérivation de la Loire, et de l'élever à l'aide de machines à vapeur dans des réservoirs à construire sur un point élevé de la ville. L'idée d'utiliser l'eau du fleuve limpide en été mais boueuse en période de crues est finalement repoussée. En 1861, pour doter la ville de fontaines, on envisage de capter l'eau du Bouillon du Loiret. Face aux protestations de la comtesse de Polignac, alors propriétaire du domaine de La Source, le projet est modifié. Il aboutit en 1862 à la solution des forages.

L'arrivée de l'eau courante est célébrée lors des fêtes de Jeanne d'Arc de 1864, sous la bénédiction de Monseigneur Dupanloup, alors que de nombreux habitants qui n'en disposent pas encore, demandent des concessions. Les poissonniers du Châtelet souhaitent en 1872 que « chaque étal soit muni d'un robinet » pour assurer la conservation du poisson et la propreté du marché. Certains puits restent encore utilisés longtemps après la date d'inauguration pour finalement devenir objets d'agrément architectural. En 1940, 71 puits dont l'eau est potable sont encore dénombrés.