Une école des Beaux-Arts

Une école des Beaux-Arts

En 1905, le Sous-secrétariat d’Etat des Beaux-Arts organise la première exposition des écoles départementales des beaux-arts et d’art appliqué à l’industrie qui se déroule du 25 novembre au 12 décembre à Paris. Une cinquantaine d’écoles nationales, régionales ou municipales d’Art sont sélectionnées parmi les 300 écoles dispersées sur le territoire français, pour présenter leurs travaux au public. Ces établissements, comme celui d’Orléans, sont soutenus et contrôlés par l’Etat.

3 professeurs orléanais, messieurs Penchaud, Bérard et Farcinade sont délégués par la Ville pour évaluer les enseignements dispensés dans d’autres écoles. Leur rapport est présenté en séance du conseil municipal du 5 mars 1906. Sur les 48 villes admises, Orléans est classée au onzième rang et obtient une quatrième mention, ainsi qu’une médaille de bronze décernée par l’Union centrale des Arts décoratifs.

Extrait de la notice illustrée de la première exposition des écoles départementales des beaux-arts. 1905. Paris. Ville de Paris / Bibliothèque Forney, CE 70025
Extrait de la notice illustrée de la première exposition des écoles départementales des beaux-arts. 1905. Paris. Ville de Paris / Bibliothèque Forney, CE 70025

1911 : le titre d'Ecole municipale des beaux-arts est adopté

C’est à la suite de cette expérience que le professeur Ferdinand Farcinade propose une dénomination unique pour les différents cours de la Ville sous l’appellation : Ecole municipale des beaux-arts. Cette proposition, qui ne recueille pas l’adhésion de l’ensemble des conseillers municipaux est remise à l’ordre du jour en 1908 par l’inspecteur de l’enseignement du dessin, Emile-Pierre Bertone, grand prix de Rome. L’enjeu est important pour un établissement qui accueille 265 élèves et qui peut prétendre par la suite accéder à un statut d’école régionale.

Le 12 mai 1911, c’est à la demande du conseil d’administration de l’école que le conseil municipal adopte le titre d’Ecole municipale des beaux-arts de la ville d’Orléans. Cette dénomination peut en effet rendre l’établissement plus attractif pour les élèves, les familles et les industriels, toutefois on souhaite qu’elle n’oblige pas à des charges supplémentaires. Le maire, Paul Gitton, entend aussi conserver le caractère municipal de l’école, ainsi que le droit de nomination des professeurs.

Ouverture des cours de l’Ecole municipale gratuite des beaux-arts. 1912. Affiche administrative. Archives municipales d’Orléans, 15Fi1835
Ouverture des cours de l’Ecole municipale gratuite des beaux-arts. 1912. Affiche administrative. Archives municipales d’Orléans, 15Fi1835

1920-1921 : ouverture des cours municipaux aux jeunes filles et création de l'Ecole régionale des beaux-arts

Au début de l’année 1920, le conseiller municipal Théophile Chollet, propose une transformation des cours municipaux. Il invoque l’intérêt pour les jeunes filles de pouvoir être admises aux cours de dessin et de musique.

Dans la période qui suit la Première Guerre mondiale, l’accès à l’Education et à la Formation professionnelle est un enjeu important pour les femmes qui aspirent à créer leur propre situation.

L’évolution de l’école en école régionale est par ailleurs envisagée pour permettre à la Ville de recevoir une subvention de l’Etat et de nommer un directeur apte à redéfinir les orientations des enseignements.

Une commission extra-municipale est constituée pour étudier les modalités de transformation de l’école. Ses conclusions sont adoptées en séance du conseil municipal du 7 juillet 1920, à savoir : l’évolution en école régionale des beaux-arts ; l’inscription d’un nouveau budget annuel de 42 000 francs, soit une augmentation de 13 800 francs environ du montant de la subvention municipale ; la réalisation des travaux nécessaires à l’immeuble de l’école, notamment l’ouverture de fenêtres pour que les élèves puissent dessiner sans éclairage artificiel au gaz ; le maintien du droit à la retraite pour les professeurs entrés en fonction avant le 27 octobre 1911.

L’Ecole régionale des beaux-arts d’Orléans est créée le 18 avril 1921 par arrêté du ministère de l’Instruction publique et des Beaux-Arts. Elle reste placée sous le contrôle de l’autorité municipale et, par décision du 1er octobre 1920, reçoit le concours de l’Etat.

Ouverture des cours de l’Ecole régionale gratuite des beaux-arts. 1922. Affiche administrative. Archives municipales d’Orléans, 15Fi2270
Ouverture des cours de l’Ecole régionale gratuite des beaux-arts. 1922. Affiche administrative. Archives municipales d’Orléans, 15Fi2270

Un nouveau règlement

Un nouveau règlement est établi, l’école est désormais ouverte aux élèves des deux sexes. Les classes ne sont pas mixtes mais l’enseignement s’ouvre aux femmes : les dames peuvent concourir pour les emplois de professeurs des cours spécialement réservés aux jeunes filles. Les professeurs sont dorénavant recrutés sur concours spécial ou sur titre.

L’école, dont le fonctionnement ne connaît pas de modification majeure, demeure une école gratuite, accessible à partir de l’âge de 12 ans. Les élèves doivent suivre une progression dans chacun des cours dont le programme est approuvé par l’Inspection du dessin rattachée au ministère de l’Instruction publique. Les cours sont dispensés le matin entre 7 et 9 heures et en fin de journée. Le règlement instaure des cours d’histoire de l’Art.

La prospérité de l’école ne se dément pas avec 234 élèves inscrits pour l’année scolaire 1920-1921. Les demandes croissantes d’admission nécessitent l’installation d’une salle supplémentaire pour le cours de dessin géométrique de 1ère année, l’ouverture d’un 3ème cours de dessin géométrique de 2ème année, l’aménagement de 2 salles pour les cours de jeunes filles, ainsi que pour les cours de trait de charpente et de menuiserie. La création d’un cours d’histoire de l’Art, de l’ameublement et de l’ébénisterie est impossible faute de place. Au total, 6 à 7 salles supplémentaires sont indispensables à la prochaine rentrée.

Le 15 mars 1921, le conseil municipal décide d’affecter le bâtiment occupé par l’Etat-major à l’agrandissement de l’école. Situés à proximité, 1 rue Guillaume-Prousteau, les locaux vont se libérer prochainement. De plus, ce bâtiment dispose du chauffage central et de l’éclairage électrique (son entrée se fait aussi 22 rue Dupanloup).

L’annexion de cours professionnels

Cette même année et suite à la loi Astier promulguée le 25 juillet 1919, la Ville est dans l’obligation de créer et d’organiser des cours professionnels pour les garçons et séparément, des cours pour les filles. L’arrêté ministériel du 5 juillet 1921 désigne Orléans comme siège de cet enseignement obligatoire à destination des apprentis jusqu’à l’âge de 18 ans.

Les cours sont annexés à l’Ecole régionale des beaux-arts et sont organisés par son directeur, Monsieur Besnard. De 352 élèves concernés dès 1922, le chiffre fait plus que doubler l’année d’après avec 820 inscriptions.

La nouvelle section professionnelle accueille de nombreux apprentis des industries du fer, du bois, du livre et de l’horticulture. Un enseignement général est dispensé au sein de la section pour compléter l’instruction professionnelle donnée dans les ateliers. Les cours à destination des jeunes jardiniers, horticulteurs et viticulteurs se déroulent au jardin-école d’arboriculture du Jardin des plantes.

Ouverture des cours professionnels obligatoires. 1922. Affiche administrative.  Archives municipales d’Orléans, 15Fi2251
Ouverture des cours professionnels obligatoires. 1922. Affiche administrative. Archives municipales d’Orléans, 15Fi2251
Ouverture des cours professionnels obligatoires. 1923. Affiche administrative.  Archives municipales d’Orléans, 15Fi2295
Ouverture des cours professionnels obligatoires. 1923. Affiche administrative. Archives municipales d’Orléans, 15Fi2295
Ecole régionale des beaux-arts. Bâtiments rue Dupanloup, N°22. Sans date. Plan. Archives municipales d’Orléans, 11M2021
Ecole régionale des beaux-arts. Bâtiments rue Dupanloup, N°22. Sans date. Plan. Archives municipales d’Orléans, 11M2021
Ecole régionale des beaux-arts. Bâtiments place du Campo-Santo. 1937. Plan. Archives municipales d’Orléans, 11M2021
Ecole régionale des beaux-arts. Bâtiments place du Campo-Santo. 1937. Plan. Archives municipales d’Orléans, 11M2021
Arcades de l'ancien cimetière. Vue aérienne vers le Nord. Vers 1960-1970. Photographie. Cliché : Architecte des bâtiments de France. Archives municipales d'Orléans, 3Fi481
Arcades de l'ancien cimetière. Vue aérienne vers le Nord. Vers 1960-1970. Photographie. Cliché : Architecte des bâtiments de France. Archives municipales d'Orléans, 3Fi481

Cette vue en plongée depuis la cathédrale Sainte-Croix permet de situer les anciens bâtiments de l'Ecole régionale des beaux-arts :

-au premier plan à gauche, le bâtiment donnant de part et d'autre de la rue Guillaume-Prousteau et de la rue Dupanloup, aujourd'hui le Centre municipal ;

-au premier plan à droite, l'alignement de maisons et commerces rue Dupanloup. Accolées à l'arrière, dans le prolongement des arcades, on distingue les deux ailes de l'école traversées par la Place du Campo-Santo.