Les moyens et grands ensembles

Les années d'après-guerre

Dans le courant de l’après-guerre, à l’image de l’ensemble des villes françaises, Orléans et les communes de son agglomération connaissent un développement démographique et économique sans précédent.

Le premier plan de Reconstruction est amorcé à la suite les bombardements du centre-ville d’Orléans en juin 1940 afin de reloger les sinistrés. Les programmes de construction et d’urbanisation vont s’amplifier à partir des années 50 et s’étendre à la ceinture des boulevards, aux quartiers extérieurs, ainsi qu’à l’ensemble de la périphérie jusqu’à la fin des années 60. La ville connait une profonde transformation provoquée par une demande croissante en matière de logement et de logement social. La ville change d’échelle avec l’extension périurbaine et l’avènement de la « ville satellite » d’Orléans-La Source édifiée à partir de 1962. Avec la progression de la ville sur la campagne et le développement des infrastructures, les paysages des communes autour d’Orléans se transforment en profondeur.

Ci-dessous. Orléans. Vue aérienne. Sans date. Archives du GEMAO. Extrait de : La Tribune d'Orléans N°26, 1975. Cliché : Archives du Loiret

La création du SIVOMAO

Le Syndicat Intercommunal à Vocation Multiples de l’Agglomération Orléanaise est créé en 1964 à l’initiative de 12 communes : Orléans, Chécy, Combleux, Fleury-les-Aubrais, Ingré, La Chapelle-Saint-Mesmin, Saint-Jean-de-Braye, Saint-Jean-de-la-Ruelle, Saint-Jean-le-Blanc, Saint-Pryvé-Saint-Mesmin, Semoy et Saran. Son objectif est de permettre une coopération autour de problématiques partagées et notamment l’étude, la réalisation, le financement et la gestion de certains équipements et services. C’est l’élimination des ordures ménagères qui est à l’origine de la création du SIVOMAO. Sa première réalisation est la construction d’une usine de traitement des déchets qui mise en service en 1967. Obligatoires ou facultatives, les compétences et les activités du syndicat vont rapidement s’étendre et se diversifier : construction des ouvrages d'assainissement, lutte contre l'incendie, planification urbaine, voiries d’agglomération, transports publics, accueil des gens du voyage, formation, etc.

Progressivement, de nouvelles communes adhèrent au SIVOMAO qui en compte 16 en 1972 et 18 en 1989.

Entre 1946 et 1982, la population des 16 communes qui constituent le SIVOMAO en 1972 fait plus que de doubler : 103 557 habitants après-guerre, 224 768 au début des années 80.

Moyens et grands ensembles : les décennies de la construction

Les premiers moyens et grands ensembles voient le jour au nord et à l’est d’Orléans à partir de 1950 : Blossières, Pont-Bannier et Argonne. Les Acacias sont construits en 1957, la résidence Bel-Air près du grand cimetière en 1958, le Clos de la Borde-aux-Mignons de 679 logements à l’Argonne en 1961, le Clos-Boudard en 1962. A l’ouest, le quartier Madeleine est bâti en 1956, le quartier de la Grande Espère à Saint-Jean-de-la-Ruelle en 1958.

La construction du quartier de la Gare débute en 1960 avec l’immeuble de 9 étages de la résidence Québec rue Daniel-Jousse, puis au nord face à la prison, les 6 immeubles de 12, 14 et 17 étages boulevard de Québec, enfin, le long de la voie ferrée, viennent s’aligner les 3 tours avenue de Munster et allée François-Giroust.

Ci-dessous : Orléans. Les Blossières. Photographie. Sans date. Archives du GEMAO

Immeubles et centre commercial de La Borde-aux-Mignons à l’Argonne. Photographie. 1976. Archives du GEMAO. La Tribune d’Orléans N°33, 1976
Immeubles et centre commercial de La Borde-aux-Mignons à l’Argonne. Photographie. 1976. Archives du GEMAO. La Tribune d’Orléans N°33, 1976

Les barres d'immeubles de la Borde-aux-Mignon à L'Argonne. Photographie. 1980. Archives du GEMAO
Les barres d'immeubles de la Borde-aux-Mignon à L'Argonne. Photographie. 1980. Archives du GEMAO

Les immeubles de La Borde-aux-Mignons seront progressivement démolis, les derniers disparaissent en 1998

Orléans. La résidence Bel-Air (en arrière-plan), la prison (au premier plan). Photographie. 1970. Archives du GEMAO. Orléans Tribune N°5, 1970. Cliché : Robert Chabbert
Orléans. La résidence Bel-Air (en arrière-plan), la prison (au premier plan). Photographie. 1970. Archives du GEMAO. Orléans Tribune N°5, 1970. Cliché : Robert Chabbert
Orléans. Les immeubles du quartier de la gare. Les Acacias (à gauche en arrière-plan). Photographie.1974. Archives du GEMAO
Orléans. Les immeubles du quartier de la gare. Les Acacias (à gauche en arrière-plan). Photographie.1974. Archives du GEMAO

Du nord au sud...

Au sud de la Loire, ce sont principalement Trévise, Dauphine, Allée de Candolle, La Mouillère et Les Roseraies qui inaugurent la série des grands ensembles.

Les premiers habitants de la résidence Trévise s’installent en 1959 dans les 206 logements répartis dans 4 barres d’immeubles de 11 étages qui surplombent la Loire et qui sont qualifiés alors de « gratte-ciels ». Construite à partir de 1960, la Résidence Dauphine est un programme de 20 bâtiments, dont 2 tours de 14 étages et 3 barres d’immeubles de 9 étages. 602 logements de type « Logecos » (logements économiques et familiaux) sont aménagés, 200 sont réservés aux rapatriés d’Algérie. La Résidence est équipée d’un centre commercial. Les premiers occupants arrivent entre 1964 et 1965. La Résidence de standing de la Mouillère construite en 1963 propose 180 logements répartis sur de petits immeubles de 4 et 5 niveaux et une tour de 13 étages. A partir de 1963, l’ensemble des Roseraies se construit sur d’anciennes pépinières, il comprend 11 immeubles pour 380 logements économiques et familiaux et un bâtiment commercial.

A la périphérie d’Orléans, 364 logements sont construits aux Salmoneries entre 1968 et 1969 par l’office HLM de la Ville d’Orléans. Ce sont principalement des habitants de la Cité d’urgence des Groues qui quittent les baraquements provisoires pour être relogés dans ce quartier de la commune de Saint-Jean-de-la-Ruelle.

Remède à la crise du logement, ces moyens et grands ensembles sont, pour certains, rapidement critiqués par leurs habitants en raison de leur laideur et de la sensation d’entassement qu’ils provoquent. Malgré tout et pour l’époque, les logements offrent un confort nouveau, avec notamment de « vraies chambres », sanitaires, salles de bains et chauffage central.

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Ci-dessous : Orléans. Les immeubles de la résidence Trévise. Photographie. Sans date. Archives du GEMAO

La résidence Dauphine. Archives du GEMAO. Extrait de : La Tribune d’Orléans N°9, 1972. Cliché : Christian Arrault
La résidence Dauphine. Archives du GEMAO. Extrait de : La Tribune d’Orléans N°9, 1972. Cliché : Christian Arrault

En arrière-plan, les immeubles de la résidence Dauphine construite à partir de 1960 sur un terrain agricole du quartier Saint-Marceau

La résidence Dauphine. Archives du GEMAO. Extrait de : La Tribune d’Orléans N°9, 1972. Cliché : Christian Arrault
La résidence Dauphine. Archives du GEMAO. Extrait de : La Tribune d’Orléans N°9, 1972. Cliché : Christian Arrault

Les nouvelles voies de la résidence Dauphine portent toutes des noms de fleurs. Ici : la rue des Roses

L’étalement urbain à la périphérie d’Orléans, peut-être vers l’Argonne. Photographie. Sans date.  Archives du GEMAO
L’étalement urbain à la périphérie d’Orléans, peut-être vers l’Argonne. Photographie. Sans date. Archives du GEMAO
L’étalement urbain à la périphérie d’Orléans, peut-être vers l’Argonne. Photographie. Sans date.  Archives du GEMAO
L’étalement urbain à la périphérie d’Orléans, peut-être vers l’Argonne. Photographie. Sans date. Archives du GEMAO
Saran. Photographie. 1970. Archives du GEMAO. Orléans Tribune N°5, 1970. Cliché : Robert Chabbert
Saran. Photographie. 1970. Archives du GEMAO. Orléans Tribune N°5, 1970. Cliché : Robert Chabbert
La Source. Photographie. 1973. Archives du GEMAO
La Source. Photographie. 1973. Archives du GEMAO

"Du côté de La Source". La Tribune d’Orléans N°18, 1973. Cliché : Patrick Fournigué